‹ Lorenzaccio (Lorenzino de Médicis) 1514-1548Chapitre 27 sur 64 · Toute la fin de l'acte est supprimée dans Larivey · texte numérisé non relu

Toute la fin de l'acte est supprimée dans Larivey

cl ne veut que personne lu visile : je ne sçays si je luy pourray faire le message.

Erminio. — \ toute mode, faictes-le luy, et si elle ne peust venir, dites quelle envoyé la Supérieure.

La Soeur tourière — Or ça, j'y vais.

Ermiinio. — Il est bien vray, le proverbe, quand il dict que cestuy-là qui use une paire de guandz à ces grilles icy en consume aussi six douzaines ! Combien de foys ay-je compté ces ferremens, et considéré quels se peuvent branler, quels non, quels sont scellés de plomb, quels non, et je sçays en quel vuide se peut mettre la main, les yeux fermés.

Soeur Mariette. — Ave Maria! Qui m'a faict appeler. Oh! Erminio, qu'est-ce donc? Estes-vous mal?

Erminio. — Mal, chère sœur Mariette, depuys que Fiammette est mal.

Soeur Mariette. — Elle a tant gros cœur de ne vous pouvoir venir parler, qu'avecque cent langues je ne vous le sçauroys exprimer ; et, à dire vray, elle n'est venue, à ce que les autres sœurs ne la voient si grosse : car ses douleurs ne sont telles, qu'elle n'eust sçeu venir.

Erminio. — Elle sent les douleurs, hein?

Sœur Mariette. — Elle pourroit faire l'enfant atout instant.

Erminio. — Pauvre demoy!

Soeur Mariette. — La pauvrette s'afflige tant, qu'onques ne pense qu'elle le puisse mener h bien, et m'a dit que je vous dise de sa part que vous vous en aillez trouver Dame Constance, sa tante, et luy fassiez escripre une lettre à la Prieure, pour luy demander de permettre à Fiammette qu'elle se fasse soigner chez elle.

Erminio. — Oh! la Prieure ne le fera point.

Soeur Mariette. — Eh! surlafoy d'une preude dame,

et sa tante, en un cas comme cettuy-cy, si bien le ferat-elle,car au monastère on estime qu'elle soytaupoinct de mourir; si elle estoyt religieuse, je ne dyrois ainsi, mais aux novices non professes on l'accorde parfoys.

Ermimo. — Essayer ne nuict point.

Soeur Mariette. — Faites-le tousjours ; faites-le. mon enfant. Et ostez-nous telle peine du cueur.

Ermimo. — Je la voudroys oster avec mon sang, car je l'osterois et à vous, et à moy ensemble.

Soeur Mariette. — Mais. Erminio. le plus vite sera le mieux.

Ermimo. — J'y vais de ce pas, si bon vous semble.

Soeur Mariette. — Allez, allez, j'ay peur qu'elle n'enfante ce soir mesme.

Ermimo. — Que Dieu nous ayde !

Sœur Mariette. — Oui, vous l'avez dict ! Qui a foy en Lui ne peut meffaire.

Ermimo. — Je vas le faire.

Soeur Mariette. — Oy, mais n'allez point dire à sa tante qu'elle est grosse !

Ermimo. — La belle affaire! si elle doit aller chez elle, ne le verra-t-elle point!

Soeur Mariette. — Oh. c'est vray, je n'y songeois point; mais comment faire.'

Ermimo. — Il faut le luy dire.

Soeur Mariette. — Bon, dites-luy honnestement.

Ermimo. — Laissez-moy faire; voulez-vous rien autre ?

Soeur Mariette. — Escoutez. Qui en verrez-vous l'emporter?

Ermimo. — Oh, c'est trop prévoir. D'abord, ayez la licence.

Sœur Mariette. — On L'aura.

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