‹ Louis 16. et sa courChapitre 114 sur 193 · C HA PI T II K IV · texte numérisé non relu

C HA PI T II K IV

Mais le duc d'Orloans, comme le Régent et comme tous ses aïeux, était faible de caractère; il fut le jouet d’un entourage plus ambitieux que lui. Cette vie dissolue qui peut-être nuisit au courage chez le comte d’Artois, acheva chez le duc d’Orléans d’énerver la volonté. C’es plaisirs, qui furent un malheur pour l’un et pour l’autre, les rapprochèrent et les lièrent d’amitié. Ils concevaient et réalisaient autour d’eux la vie de la même manière. Ils lui donnèrent cette couleur anglaise qui se réfléchissait partout, et que nos rapports avec l’ Amérique et Franklin avaient consacrée dans ce qu’elle avait de plus solide et de plus raisonnablement simple : ainsi les clul js alors frivoles, et qui depuis devinrent si sérieux, les courses de chevaux, les gros paris, les soupers, occupèrent en même temps les deux princes. On les vit copier les parcs de Richemond sur leurs propriétés, et, le matin, courir en frac, un fouet à la main, selon la coutume des gentilshommes de la Grande-Bretagne. Princes toujours pourtant par le luxe et l’abandon des mœurs, malgré cette simplicité de mode étrangère qui garda mal l’incognito des désordres dont ils se rendirent coupables tous les deux.

Tels étaient le caractère, les mœurs et les positions

prit. II était bien tourné , bien fait , avec <le jolis yeux... Quanti on a été son ami , mot dont il connaissait la valeur, il faut le pleurer avant de le détester. . » ( OEuvres choisies du maréchal prince de Uynr, p. 2, 3 et 4 ; Paris, Chaumerot, I80H.)

Loi: «S XV! ET SA COU H.

respectives des princes de la maison de France (i). La cour, tant cpie les idées de réforme s’étaient soutenues au ministère, n’avait pu s’abandonner qu’à demi à tous

(1) Si Ton est en droit d'exiger de l’écrivain tout ce qui peut aider à compléter la vérité historique, il est cependant des situations parfois délicates , qui prescrivent le silence ou la réserve. Je tâcherai de concilier ces exigences avec le légitime intérêt de la vérité et de l’histoire.

Parmi les contemporains de l'époque de Louis XVI dont j’ai pu consulter les souvenirs ou recueillir les impressions , il en est un particulièrement dont les paroles ont trop de poids pour que l'on consente sans regret à les vouer à l'oubli • c’est le roi Louis- Philippe. Lorsque j'eus l'honneur de lui présenter ce livre, qui formait le complément de Y Histoire de Sismondi , Louis-Philippe se trouva amené par le sujet même à me parler de Louis XVI, de Marie-Antoinette et surtout de son père , le duc d’Orléans.

La lettre du prince de Ligne , citée plus haut , n’était pas connue du roi ; il en fit la lecture à haute voix , en parut surpris et fort touché ; alors il se mit à parler de son père avec une véritable émotion : il loua le portrait que j'avais tracé de ce prince , en disant que c’était ce que l’on avait écrit de plus exact sur son malheureux père. 11 rappela diverses particularités de son éducation, les funestes exemples de l’époque, et s’étendit sur les qualités et le genre d’esprit que le prince de Ligne attribue au duc d’Orléans.

Je fis alors cette remarque, que la plupart des contemporains qui avaient vu de près le duc d’Orléans , avaient conservé pour l’homme des sympathies que les ressentiments politiques n’avaient pu détruire entièrement : ils semblent, comme le prince de Ligne , encore plus portés à le plaindre qu'à le haïr. — C’est vrai , reprit le roi avec une très-grande émotion ; tenez , quand j’étais ici , à cette même place , tête à tête avec Charles X, il manquait rarement de me parler de mon père , de son caractère privé, de son humeur sociable , et de leur amitié; il éprouvait pour l’ancien compagnon de sa jeunesse un faible

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