ACTE II, SCÈNE II. ai
Ils pourront quelque jour abaisser ton orgueil,
Te demander leur maître.
UMODAN.
' Ils auront son cercueil.
LOUIS
Ainsi , voilà le sort que ta haine m’apprête!
Eh bien, poursuis, Soudan, et que rien ne t’arrête.
Mais je veux , à mon tour , t’expliquer mes desseins. Quand le sort des combats nous remit en tes mains*
Tu fixas nos rançons; de notre délivrance Un serment solennel nous donna l’assurance ;
Et moi, tous les chemins dussent-ils m’être ouverts,
Je jurai devant toi de respecter mes fers ;
Je m’en souviens encor : que ta fureur m’immole ,
Trahis tous tes serments, je tiendrai ma parole.
A LMOD A N.
Je sais sur quels amis comptent tous tes chrétiens;
Mais je puis prévenir leurs projets et les tiens :
De qui m’ose braver je confondrai l'audace,
El l’on saura sur moi ce que peut la menace.
Adieu.
SGÈNÊ III.
LOUIS
Puis-je douter de mon funeste sort ?
Sa fureur me l’annonce : ou les fers , on la mort ;
C’en est fait!... Mais aux Coups que m’apprête sa haine , Du moins, Dieu tout-pnissant , daigne arracher la reine. Pour elle, pour mon fils, j’implore ton secours !
Mon fils doit-il périr au printemps de ses jours !
Déjà par le malheur sa jeunesse est flétrie.
Non; tu le sauveras ! O France, ô ma patrie,
Ce fils est ton espoir , je l’ai formé pour toi ;
Il promet un héros , j’en aurai fait un roi.
Héritier de mon sceptre , il le sera , j’espère ,
France, de tout l’amour que te porte son père.
Tu le verras fidèle à toi comme à l’honneur,
Et je lui léguerai le soin de ton bonheur.
Mais la reine avec lui de ce côté s’avance,
Dans son malheur au moins laissons-lui l’espérance.