SCÈNE VII
PHILIPPE, LOUIS, MARGUERITE, qui ont entendu les derniers vers de la scène.
LOUIS
Qu’ai-je entendu , mon fils? Quel aveugle délire !
PHILIPPE
Je n’ai pu résister à l’horreur qu’il m’inspire.
LOUIS
Deviez-vous de Raymond ranimer la fureur?
MARGUERITE
Sa vertu l’égara : pardonnez cette erreur.
PHILIPPE
Tout mon cœur se soulève à l’aspect de ce traître.
LOUIS
Son ame au repent'r allait céder peut-être.
Dieu , pour finir nos maux , se servait aujourd’hui D’un enfant égaré qui revenait à lui.
La vertu le touchait ; vous l’enchaînez au crime.
Le malheureux, par vous repoussé dans l’abyme, Poursuivra les chrétiens qu’il aurait défendus.
Us mourront, et c’est vous qui les aurez perdus. PHILIPPE.
J’implore en rougissant le pardon de mon père.
LOUIS
Ecoutez-moi , mon fils ; en vous la France espère ; Vous régnerez. Se vaincre est le devoir d’un roi : Et, maître d’un grand peuple, il doit l’être de soi. Mais que veut Châtillon ?