SCÈNE PREMIÈRE
RAYMOND, ALMODAN, soldats.
ALMODAN.
Soldats de Mahomet, soutiens de mon empire,
Contre votre Soudan lorsqu’un traître conspire , Fidèles à l’honneur, autour de moi rangés,
Par de nouveaux serments vous êtes engagés.
Séduit parles chrétiens, mon peuple m’abandonne; Mais c’est à vous, soldats, que je dois ma couronne; Et, soumettant bientôt des sujets entraînés ,
Vous défendrez les droits que vous m’avez donnés.
Du dieu de Mahomet vous vengerez l’injure ;
Vous ne souffrirez point qu’un musulman parjure , Complice des chrétiens, déserteur de nos lois ,
Sur nos autels détruits ose planter la croix.
De la fidélité vous donnerez l’exemple.
Soldats , du haut des cieux Mahomet vous contemple. Vous défendez son culte, il guidera vos coups,
Et le bras du prophète est étendu sur vous.
Jusque dans mon palais la révolte m’assiège.
Nouradin , entouré des traîtres qu’il protège,
Exige que Louis soit délivré par moi ,
Et qu’à ces vils chrétiens je rende enfin leur roi.
Il attend ma réponse : eh bien ! s’il ne s’arrête,
J’irai la lui porter en lui portant sa tête.
Allez, braves guerriers , qu’aucun péril n’abat, Vous recevrez de moi le signal du combat.
Soyez prêts , et bientôt la révolte impuissante Courbera devant nous sa tête obéissante.
(à Raymond.)
Toi , demeure.