‹ Louis 9. tragedie en cinq actesChapitre 47 sur 57 · ACTE IV, SCÈNE IV. 5i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV. 5i

On ne pourra , du moins , vous ôter ce refuge:

Vous y trouvez un père; et moi j’y vois un juge!

La nuit, le jour, par-tout, son bras vengeur me suit. Hélas! à quel destin mon forfait m'a réduit!

Au fond de vos cachots vous trouvez l’espérance,

Sur ces murs odieux je crois lire : Vengeance.

Au céleste courroux que pourrais-je opposer?

Dieu m’a maudit, mes pleurs ne sauront l’apaiser;

Il repousse mes vœux; mon ame intimidée D’un autre monde en vain voudrait chasser l’idée, Elle accroît mes tourments, me poursuit en tout lieu Oui, malheur éternel à qui trahit son Dieu !

( Il tombe aux genoux de Louis.)

LOUIS

Relevez-vous.

RAYMOND

Qu’entends-je? O ciel, quelle espérance!

Venez-vous du Très-Haut m’annoncer la clémence ? Vos regards sans courroux se sont tournés vers moi;

Je suis chrétien encore, et vous êtes mon roi !

LOUIS

Réponds : à tes remords, malheureux , puis-je croire?

RAYMOND

De mon crime avec moi périsse la mémoire !

LOUIS

Tu peux le réparer.

RAYMOND

En est-il encor temps?

LOUIS

QJon Bis , Dieu tend les bras aux mortels repentants.

Eli bien ! prenez pitié de ma douleur extrême : Parlez , que faut-il faire?

LOUIS

Il faut , à l'instant même , Rompre le pacte affreux qui te lie aux forfaits ;

11 faut rendre au Soudan ses perfides bienfaits ,

(*) « Et dans un cloître saint, caché sous le cilice ,

. « Désarmer par tes pleurs la céleste justice.

RAYMOND

« Oui , c’est là mon destin ; vous serez obéi.

« Je consacre mes jours au Dieu que j’ai trahi : Puissé-je mériter qu’enfin il me pardonne !

Mais c’en est fait de vous , si je vous abandonne : Aux fureurs du Soudan comment vous arracher?

Lui-même ici peut-être il viendra vous chercher. II va donc sans obstacle immoler sa victime !

Non, Pour vous délivrer tout devient légitime.

Je cours auprès de lui. Mon roi , rassurez-vous :

11 va briser vos fers , ou tomber sous mes coups.

LOUIS

Arrête , malheureux ! quel délire t’égare?

RAYMOND

Avez-vous oublié le sort qu’il vous prépare?

(*) On peut substituer à ces quatre vers :

Le remords te ramène à la foi de tes pères.

Chrétien, reprends ta part dans les maux de tes frères!

RATMOND.

J’embrasse cet espoir! Vous serei obéi!

Mes pleurs désarmeront le Dieu que j’ai trahi ! etc.

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