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Louis Agassiz

En m’associant, par cette traduction, à l’œuvre à laquelle Mme Agassiz s’est consacrée avec persévérance et dévouement, j’ai cédé au désir de faire connaître au public de langue française la vie d’un homme de génie, qui a été l’une des gloires de notre patrie et qui s’est toujours envisagé comme son enfant. Agassiz, en effet, appartient à la Suisse romande. 11 est originaire du canton de Vaud, où il a passé une partie de sa jeunesse et a conservé la plupart de ses relations de famille. C’est à Neuchâtel ensuite qu’il a débuté comme professeur et que, lié par la reconnaissance et l’affection, il a achevé la première partie de sa carrière ; c’est de notre ville, devenue sous son influence un foyer de vie scientifique, qu’il a publié ses travaux les plus importants et que sa réputation a grandi ;iu dehors.

Au public de la France, je rappellerai les liens

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étroits qui unirent Agassiz à Cuvier, à Élie de Beaumont, à Milne- Edwards, l’estime et l’amitié des savants français qui voulurent se l’attacher comme collègue en lui faisant adresser un appel, en 1857, par M. Rouland, ministre de l’Instruction publique, et l’honneur qu’ils lui firent en Je nommant membre étranger de l’Institut.

.le pense, en outre, faire une œuvre utile en plaçant sous les yeux des jeunes gens le tableau de cette vie toute consacrée au travail, à la recherche incessante de la vérité et animée des sentiments les plus élevés de désintéressement, d’abnégation et de persévérance. C’est d’ailleurs une ligure éminemment sympathique que celle d’Agassiz, qui possédait le don d’attirer à lui les personnes de toutes les conditions; on trouvera ici, selon l’expression de Humboldt, un homme de cœur et une belle àme, et ce ne sera pas là le moindre attrait de ce livre pour ceux qui goûtent les bonnes et saines lectures. Il ravivera chez tous ceux qui ont connu personnellement Agassiz des souvenirs que ni le temps ni la distance n’ont pu effacer, et contribuera, je l’espère, en rappelant son exemple à éveiller et à répandre toujours plus le goût et l’amour de la science.

Avec 1 autorisation de Mme Agassiz, j’ai supprimé dans cette biographie ce qui me paraissait spéciale-

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ment destiné au publie américain, et j’ai ajouté, d’autre part, quelques fragments de nature à intéresser nos lecteurs, entre autres un résumé du discours d’Agassiz prononcé à la réunion de la Société helvétique des sciences naturelles à Neuchâtel, en 1837, quelques détails sur sa présence à la réunion de la meme Société à Genève, en 1845, et un récit de la course d’hiver au glacier de l’Aar, en 1841. Je donne en outre dans l’appendice un catalogue de ses nombreuses publications en français, en anglais, en allemand et en latin, établi aussi exactement que possible, sans qu’on puisse cependant l’envisager comme complet.

Les lettres d’Agassiz et de ses correspondants, écrites en français, paraissent ici pour la première fois dans leur texte original. Est-il besoin de signaler au lecteur l’intérêt de cette correspondance ? Elle nous fait assister d’abord aux débuts du jeune naturaliste et à l'épanouissement de ses belles facultés, pour nous introduire ensuite dans la société des savants modernes les plus illustres des deux mondes, qui viennent rendre un hommage affectueux à leur ami et semblent prêter à cet ouvrage leur brillante collaboration.

En terminant, je me sens pressé d’exprimer toute ma reconnaissance à M. le professeur Louis Favre, à

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M. Fritz Berthoud et à mon éditeur, M. A. -G. Berthoud, pour la cordialité avec laquelle ils m’ont aidé à remplir une tâche que je tenais particulièrement à entreprendre comme tribut d’affection à la mémoire d’un parent avec lequel j’ai soutenu dès mon enfance des relations toutes fraternelles.

Neuchâtel, octobre 1886.

A. MAYOB.

PRÉFACE

Ce livre n’offre, je l’avoue, ni une biographie complète, ni l’exactitude d’un ouvrage scientifique, comme le lecteur pourrait s’y attendre d’après le titre; quelques explications sont donc nécessaiies. Quand je commençai à réunir les laits, les lettres et autres documents contenus dans cet ouvrage, je ne pensais guère écrire pour le public; mon but était surtout d’empêcher l’éparpillement et la perte de papiers précieux pour la famille. Mais à mesure que mon travail avançait, je sentis que le tableau de cette vie, si remarquable par l’harmonie de son développement et par l’unité de ses aspirations, pouvait avoir une utilité plus grande, un intérêt plus général, et peut-être servir à d’autres de stimulant ou d encouragement. J’ai d’ailleurs lieu de croire que la carrière de Louis Agassiz en Europe est aussi peu connue dans sa patrie adoptive que sa vie en Ame-

PRÉFACE

rique ne l’est dans son pays natal, et ces motifs m’ont engagée à livrer au public les matériaux que j’avais recueillis.

Ce livre a le désavantage d’être composé en grande partie de traductions. Les lettres que renferme la première partie, ont été, en effet, écrites presque exclusivement en français ou en allemand, de sorte que j’avais à choisir entre une reproduction dans les langues originales ou une traduction qui offre toujours quelque inconvénient. J’ai préféré cependant prendre ce dernier parti.

Outre le concours de ma famille et particulièrement de mon lils, Alexandre Agassiz, pour la révision du texte, j'ai été aidée par mes amis, M. et Mme Hagen et par le professeur Cfuyot, qui ont bien voulu me donner leurs conseils sur des points spéciaux. J’ai eu, en Europe, les collaborateurs les plus fidèles et les plus utiles. M. Auguste Agassiz, qui a survécu de quelques années à son frère et a toujours pris le plus vit intérêt à conserver tout ce qui se rattachait à sa carrière scientifique, m’a fourni beaucoup de documents et de renseignements importants. Après la mort de mon beau-frère, notre proche parent, M. Auguste Mayor, de Neuchâtel, a continué de me rendre les mêmes services affectueux. Je n’aurais pu, sans leur aide, compléter ce récit.

PRÉFACE

L’ami que je viens de nommer s’est rendu aussi au glacier de l’Aar pour y choisir le bloc erratique qu’ Alexandre Agassiz désirait placer sur la tombe de son père. Avec une patience infatigable, M. Mayor a fait de longues et pénibles recherches parmi les débris amoncelés sur le glacier, non loin de l’emplacement où se trouvait jadis Y Hôtel des Neuchâtelois , et a choisi enfin un bloc d’une forme si monumentale, qu on a pu le mettre en place sans y rien retoucher.

En terminant, je me fais un plaisir de lui renouveler ici le témoignage de ma reconnaissance, ainsi qu’à tous ceux qui m’ont aidée dans le cours de mon travail.

Cambridge (Massachusetts), le il juin 1885.

Elizabeth C. AGASSIZ.

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