‹ Louis AgassizChapitre 117 sur 387 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

excursions respectives, ils comparèrent leurs observations qu’ils communiquèrent à la réunion de la Société géologique de France, alors en session à Porrentruy, où Agassiz lit un rapport sur les résultats généraux qu’il avait obtenus et où Guvot lut un mémoire (dont le contenu n’a jamais été entièrement publié) sur le mouvement des glaciers, sur leur conlormation et sut la structure lamellaire, ou bandes bleues qu’on remarque dans la glace jusqu’à de grandes profondeurs '.

Pendant les années suivantes, Guyot étudia spécialement la question de la distribution des blocs erratiques et des dépôts glaciaires dans le but de déterminer l’ancienne extension des glaciers. Ses recherches l’entraînèrent bien loin du centre d activité de ses compagnons et le conduisirent dans des vallées écartées, sur les versants nord et sud des Alpes, d’où il suivit les traces des glaciers jusque dans les plaines de l’Europe centrale et dans celles du nord de l’Italie. C’est pour cette raison que nous le voyons rarement faire partie du groupe d’explorateurs qui finit par s’établir sur le glacier de l’Aar. Ses observations n’en faisaient pas moins partie intégrante du plan général, car tous les résultats, obtenus par les divers départements, étaient réciproquement communiqués et comparés. Agassiz avait 1 intention de publier un ouvrage en trois volumes, dont le premier, écrit par lui-même, devait comprendre le «Sys-

i Voir Memoir of Louis Agassiz, par Arnold Guyot, publié pour l’Académie nationale des sciences aux États-Unis, p. 38; et le Mémoire d’Arnold Guyot, publié dans le XIII™ vol. des procès-verbaux de la Société neuchàteloise des sciences naturelles, année 1883.

AGASSIZ aux glaciers du mont-rose

tome glaciaire », le second, écrit par Guyot, les « Blocs erratiques des Alpes », et le troisième, par E. Desor, le « Phénomène erratique en dehors de la Suisse ».

Le premier volume fut seul achevé; des circonstances imprévues rendirent impossible la continuation de I ouvrage, et les cinq mille spécimens rie roches et i a tiques de la Suisse, recueillis par Cfuyot, en vue de sa part de publication, furent déposés par lui dans le musée de l’Université du New-Jersey à Princeton.

Pendant 1 été de 1839, Agassiz choisit la chaîne du Mont Pose et du Cervin, comme offrant un champ d’étude plus vaste et plus systématique. Outre Desor, le dessinateur Bettanier et deux ou trois autres amis, Agassiz était accompagné du géologue Bernard Simler, dt Bei ne, qui jusqu alors avait été un des plus puissants adversaires de ses opinions, et sa conversion à la théorie glaciaire, pendant cette excursion, fut envisagée par tous comme une grande victoire. On trouvera dans la lettre suivante quelques détails sur ce séjour dans les Alpes.

* Louis Agassiz à Sir Philip Egerton.

10 septembre 1831).

.... Dans ces circonstances, j’ai cru ne pas pouvoir mieux faire que d’aller passer quelques semaines dans les solitudes des hautes Alpes; j’ai vécu, pendant quinze jours environ, dans la région des glaciers, remontant presque chaque jour sur quelque nouvelle mer de glace, ou cherchant a gravir les tlancs glacés de nos plus hautes cimes. J’ai ainsi examiné successivement tous les glaciers (pii des-

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