‹ Louis AgassizChapitre 119 sur 387 · AGASSIZ. ETUDES SUR LES GLACIERS · texte numérisé non relu

AGASSIZ. ETUDES SUR LES GLACIERS

ce domaine, puis un exposé des observations d’ Agassiz et de ses compagnons sur les glaciers des Alpes. Leur structure, leur aspect extérieur, leurs aiguilles, leurs tables, leurs blocs, leurs cônes graveleux, leurs fissures et leurs crevasses*, ainsi que leurs mouvements, leur mode de formation et leur température intérieure, tous ces sujets y sont successivement

traités. Mais les chapitres les plus caractéristiques du point de vue de l’auteur et les plus nouveaux pour les lecteurs étaient les derniers, traitant de l’ancienne extension des glaciers de la Suisse et décrivant ces temps passés où une nappe de glace immense et non interrompue couvrait tout l’hémisphère nord. Personne jusqu’alors n’avait tiré d’aussi vastes conclusions des phénomènes locaux, observés dans les vallées des Alpes.

« Le sol de l’Europe, dit Agassiz, orné naguère « d’une végétation tropicale et habité par des troupes « de grands éléphants, d’énormes hippopotames et de « gigantesques carnassiers, s’est trouvé enseveli subi- « temenl sous un vaste manteau de glace, recouvrant « indifféremment les plaines, les lacs, les mers et les « plateaux. Au mouvement d'une puissante création « succéda le silence de la mort. Les sources tarirent, « les fleuves cessèrent de couler, et les rayons du « soleil, en se levant sur cette plage glacée (si toute- « lois ils arrivaient jusqu’à elle), n’y étaient salués « que par les sifflements des vents du nord et par le « tonnerre des crevasses qui s’ouvraient à la surface « de ce vaste océan de glace L »

1 Études sur les glaciers, ch. XVIII,. p. 315.

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