‹ Louis AgassizChapitre 214 sur 387 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

cènes des Alpes et de l’Italie. Il me parait évident que le système d’accroissement par les animaux marins ne pourra jamais être appliqué aux successions tertiaires terrestres. Mes amis m’ont beaucoup félicité de ce dernier effort, et comme Lyell et d’autres savants, intéressés à combattre mes opinions, ont été les premiers à m’approuver, je commence à espérer que mes facultés ne sont pas encore usées et que, contrairement à l’évêque de Grenade, « mon dernier sermon ne se ressent pas de l’apoplexie ». J’ai cependant été désespérément mal; la goutte, le loie et toute sorte d’irritations, m’ont tourmenté tout l’été, le premier depuis bien des années où je n’ai pu me mettre en campagne. La réunion de Birmingham m’a toutefois ranimé.

Le professeur W. Rogers vous aura dit tout ce que j’ai fait. Buckland s’est plongé jusqu’au cou dans les égoûts et voudrait changer le Londres souterrain en un cloaque tossile de pseudo-coprolithes. Cela n’arrange pas tout à fait les chimistes chargés de la salubrité publique; ils craignent que le vénérable doyen n’empoisonne la moitié de la population en préparant ses fameux engrais. Mais en ceci, comme en tout ce qu’il fait, il y a de grandes vues qui tendent à tout balayer.

Quand nous verrons-nous de nouveau ? Et quand aurons-nous un vrai duel à propos des erratiques des Alpes ? Vous remarquerez, d’après un extrait de mon Mémoire, joint à ma brochure sur les Alpes, que je me suis gendarmé contre l’extension du Jura. En définitive, je ne crois pas que de grandes masses centrales de glaciers aient jamais rempli les vallées du Rhône et autres. Vous viendrez peut-être à notre prochaine réunion de l’Association britannique à Edimbourg, en août 1850. Olwi meminisse juvabit! et alors, mon cher, mon précieux et savant ami, nous pourrons étudier ensemble, encore une fois, la surface des roches de mon pays natal.

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