LIVRE XVI
21. N’y a-t-il plus parmi nous que des chasseurs de nuages et que des collectionneurs de fumees ? N’y a-t-il plus que des conquerants de poussieres et que des conservateurs de mort ?
22. N’y a-t-il plus que des coques vides que le vent agite en passant ?
N’y a-t-il plus que des vaniteux steriles et que des betes abruties ? N’y a-til plus que des delirants egares dans les tenebres du dehors, et que des pores vautres dans leurs excrements ?
23. Quand le vent souffle, le desert semble anime, mais lorsqu’il cesse, tout retombe en poussiere. Quand les passions s’elevent, le monde parait en mouvement, mais quand elles s’apaisent, on ne voit plus que la platitude du doute et on n’entend plus que les borborygmes de l’agonie des betes.
24. Le malin parait doucereux et flatteur, aimable et prudent, prometteur et facile, seduisant et sucre, deguise et habile, eludant et vague, complaisant et charmant, empresse et servile. Le monde le recherche et tombe aisement dans ses filets ; son salaire, e’est la tromperie, la desolation, le tourment et la mort.
25. Q tentation, 6 piege ! les impies accaparent tous les biens apparents du monde et delaissent le tresor de la vie.
26. Ne prenons pas des airs de sauves et n’affectons pas la saintete, car la boue qui nous couvre des pieds a la tete nous rendrait encore plus grotesques et plus risibles aux yeux de tous.
— Ne nous arretons pas non plus a nos chutes et ne nous endormons pas sur nos petites victoires. Marchons vers le centre, car e’est cela qui compte seulement, et non pas les quolibets
21’. Honorons les saints et souvenonsnous des croyants fideles qui ont illustre la parole de foi et d’amour et qui nous ont montre la voie de l’acceptation et de la patience en toutes choses.
22’. Louons et benissons dans nos cceurs les fils de Dieu, les sages et les prophetes qui nous ont transmis la promesse ancienne du Seigneur de vie et qui nous ont revele la voie sainte qui sauve de la mort.
23’. Adorons dans nos cceurs le Dieu tout-puissant qui nous arrose de sa grace, qui nous rechauffe de son amour et qui nous fait germer jusqu’au ciel de resurrection.
« Les faillites renouvelees des chercheurs d’arts, de systemes, de sciences et de lois devraient nous ouvrir les yeux et nous ramener dans la voie de la quete intime du Parfait. »
24’. Le saint semble dur et grassier, decevant et severe, rugueux et brutal, maladroit et blessant, exigeant et intraitable, scandaleux et outre, rebutant et amer. Tous le fuient comme la peste. Son cadeau, e’est la verite, la consolation, la paix et la vie en Dieu.
25’. O tentation, 6 sauvegarde ! les chercheurs de Dieu doivent mendier leur subsistance, alors qu’ils possedent l’or qui ne s’epuise pas.
26’. N’entendons-nous pas la parole qui sonne vraie ?
— Ne reconnaissons-nous pas le ton qui vibre juste ?
— Ne sommes-nous pas frappes par le verbe inspire de Dieu ?
— Ne sommes-nous pas remues par la voix interieure de celui qui nous parle ?
— Ne sommes-nous pas reveilles par