LIVRE XX
5. Car meme notre amour pour le Seigneur n’est que le reflet de sa gloire et il ne nous appartient pas en propre, tandis que l’obeissance et l’acceptation sont les offrandes acceptables d’un cceur enseveli dans la mort et brise par l’exil.
6. Nous sommes tous indignes de recevoir la parole de Dieu. Aussi n’ometil pas de nous le rappeler misericordieusement afin que nous n’oubliions jamais l’humilite de la creature et la gloire du createur.
7. Comme je demandais un jour a mon Seigneur : « Que dois-je faire pour te plaire ? », il me repondit :
« Rien, surtout rien, afin que je puisse t’arroser en toute tranquillite et afin que je puisse te murir en toute securite ».
8. Il y a deux fa^ons de sortir de toute chose, soit par le haut, soit par le bas. Celui qui sort du monde par le haut est saint et sauve. Celui qui en sort par le bas est fou et damne.
9. Comme le singe qui demeure prisonnier de la calebasse, la main obstinement refermee sur l’appat, il suffit aussi pour nous de lacher la poignee de boue que nous etreignons stupidement dans ce monde pour etre rendus a notre liberte premiere. Cependant, tous se moquent des singes, et nul n’entrevoit sa propre cupidite.
10. Qui voudrait encore disputer avec des creatures ignorantes quand Dieu nous entretient si merveilleusement dans nos cceurs ?