LIVRE XXXVI
84. La femme qui croit et qui ne comprend pas, est au-dessus de l’homme qui ne croit pas et qui croit comprendre.
85. Ceux qui sont oublieux de Dieu dans la penurie de l’exil, le seraient encore plus dans l’abondance de la splendeur.
86. Ferons-nous pas en petit ce que le Pere et la Mere font en grand ? Et n’accomplirons-nous pas l’ceuvre du Seigneur du commencement jusqu’a la fin ?
84’. Nul ne sera instruit s’il ne cherche l’instruction. Nul ne sera gueri s’il ne cherche la guerison. Nul ne sera sauve s’il ne cherche la regeneration.
85’. C’est pourquoi les mediocres de cceur croupissent dans l’agonie de ce monde, sans espoir et sans pardon.
86’. Cherche le cceur, cuis le cceur, separe le cceur, unis le cceur, seme le cceur. Ainsi tu auras le cceur qui ne perit pas.
86”. Notre courage, c’est croire en Dieu.
Notre intelligence, c’est prier Dieu.
Notre savoir, c’est louer Dieu.
Notre salut, c’est manger Dieu.
87. La coupe d’iniquite est pleine ou presque et bientot elle sera repandue sur la terre comme un feu qui consumera toutes les ceuvres des hommes, et il ne demeurera que des ruines fumantes. Les survivants comprendront-ils alors ?
« Faisons bien ce que nous avons a faire dans ce monde, n’y crayons pas et n’en attendons rien. »
88. Le comble de l’orgueil et de l’aveuglement des savants et des intelligents du monde n’est-il pas de pretendre chercher Dieu en dehors d’eux-memes, et de vouloir a toute force le reduire a une equation ou a une puissance exploitable par euxmemes et pour eux-memes ?
89. Ceux-la sont perdus, car ils vont a la dispersion de la folie destructrice.
90. La folie du monde, c’est done se placer en dehors de Dieu et s’y maintenir afin de l’examiner curieusement du dehors, avec l’espoir insense de le surprendre et de l’apprehender.
87’. Ce que nous prenons pour les qualites qui nous font vivre et nous organiser dans ce monde, sont en realite les defauts qui nous eloignent de Dieu et de son salut. Qui comprendra cela, et qui y remediera avant le jugement qui reduira tous nos travaux en cendres ?
« Faisons bien ce que nous avons a faire en Dieu, crayons a son fruit et attendons-en le salut. »
88’. Le savoir et l’intelligence veritables sont 1’ experience de notre impuissance, l’acceptation de notre faiblesse et la conscience de notre nullite hors de Dieu. Ce sont aussi l’esperance dans le secours de Dieu, la foi dans sa toute -puissance et l’amour de sa brillante purete.
89’. Ceux-la sont sauves, car ils vont a l’union de la sagesse creatrice.
90’. La sagesse divine, c’est done aussi attirer Dieu en nous afin qu’il se revele lui-meme a nous et en nous, selon son bon vouloir et non pas selon le notre.