SÉDAINE, VIEN, DAVID
Scilutaire sur les élèves réanis dans son éeole, et sur ceux même de l'Académie de peinture , dont Vien était devenu membre en 1750.
Le jeune David présenta à son nouveau maître quelques dessins laits d'imagination. Frappé de l'intelligence de l'art qui y régnait déjà, Vien donna de grands encouragements à celui qu'il prenait sous sa direction, et promit à ses parents de surveiller ses études avec le plus grand soin.
David avait pour parrain un homme qui , vers cette époque, lui donna des témoignages delà plus vive affection. Sédaine , secrétaire perpétuel de l'Académie d'architecture, et dont le nom est devenu assez célèbre dans les lettres, usa de son crédit pour faire donner un logement à son filleul dans le Louvre. C'est là que David tenta ses premiers essais en peinture. Après avoir étudié pendant plusieurs années sous la direction de Vien , il résolut de concourir pour le grand prix de Rome, et se soumit cinq fois à cette épreuve. A la seconde il eut le second prix, mais ce ne fut qu'à la cinquième, en J775, qu'il obtint enfin la couronne. David avait alors vingt-sept ans.
On raconte sur ce peintre une anecdote qui prouve avec quelle opiniâtreté il poursuivait cette couronne, ([u'il n'obtint qu'avec tant de peine. L'année qui précéda celle de sa victoire, il parait que son ouvrage était décidément si faible, que les juges avaient été équitables en ne le couronnant pas. Toutefois, ce jugement parut une injustice aux yeux de l'élève, qui prit l'affaire tout à fait au sérieux. Le logement que David occupait au Louvre était près de celui de Sédaine , en sorte que le parrain et le filleul se voyaient presque journellement. A la suite du fameux jugement, Sédaine ayant
ilO DAVID JUSQU'EN 1789.
été deux jours sans voir son jeune voisin en conçut de l'inquiétude , se rendit à la porte de sa chambre , qui était fermée, et crut entendre de sourds gémissements. Dans son trouljle, il alla chercher Doyen ^ , l'un des membres de l'Académie les plus favorables à David, qui trouva le moyen de fléchir le jeune homme et de lui faire ouvrir sa porte. David était pâle, sans forces, au moment où il obéit à la voix de Doyen. Depuis vingt-quatre heures le malheureux jeune honmie n'avait pris aucune nourriture , et avait résolu de mourir.
Les tentatives réitérées de David pour obtenir le grand prix, et celte résolution funeste qu'il avait prise à la suite de l'avant-dernier concours, ne laissèrent pas que d'attirer l'attention sur lui. Le Doux , l'architecte qui plus tard a élevé toutes les barrières de Paris , avait bâti , à cette époque , une fort belle maison pour la célèbre danseuse de l'Opéra , M"^ Guimard. Le salon devait recevoir des décorations peintes que Fragonard père avait ébauchées et que l'on chargea David de terminer.
Daiis l'intervalle de temps qu'il consacra à ces travaux , il fît aussi un portrait de M^^* Guimard , dont la générosité envers le jeune artiste fut aussi noble que délicate, procédé pour lequel David est toujours resté reconnaissant. En 1799, il montrait à Étienne, ce
1. Doyen (François), né à Paris en 1726, mort à Saint-Pétersbourg en 1806. Ëlève de Carie Vanloo, il fut membre de l'Académie et professeur , puis professeur de peinture à Saint-Pétersbourg sous le règne de l'impératrice Catherine , qui l'appela en Russie , et sous celui de Paul I", qui fut toujours favorable à cet artiste. L'ouvrage le plus connu et le plus important de Doyen est le Miracle des Ardents, qui fait pendant à celui de Saint Paul, de Vien, dans l'église de Saint^Rocli à Paris.