‹ Louis de Clermont-Tonnerre, commandant de Zouaves, 1877-1918Chapitre 9 sur 28 · I. Uichesse · texte numérisé non relu

I. Uichesse

-. Mulets.

o. Clievaux.

4. Le roman de Garin le Lohevain, édit. P. Paris, 1835, t. il, p. 200.

côté, plus OU moins clairement, par ce qu'il demeurait en lui du féodal, et par ce qu'il retrouvait, dans ces nouveaux groupements, d'un type de société qui lui rappelait la grande époque de ses origines. J'insiste à cause des lecteurs pour qui le mot de syndicat représente grève générale, collectivisme, sabotage, et n'est qu'une forme de Témeule ou de la révolution On trouve sans doute souvent, surtout aux jours de trouble comme ceux qui ont précédé ' la guerre, cette sorte de vertige répandu dans les classes élégantes, cette sympathie imbécile pour les idées de leurs adversaires, ce vent de ' folie qui pousse les aristocraties à sourire à leurs assassins. Ce goût pervers pour ce qui; vous nie, cette curiosité du mondain pour le terroriste ou le bandit, sont-ils davantage une| forme de la complicité ou de la peur? C'est en tout cas une forme certaine de la lâcheté et du suicide. Elle se rencontre dans le crépuscule des sociétés expirantes ; c'est un des moyens les plus sûrs que la nature emploie pour éliminer une classe qui n'a jdus le courage de vivre.

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Ces gens-là, cette classe d'aristocrates dt^ma- ^ogues, notre ami les avait en souveraine honoiir. Tout désordre lui était odieux, et le pire de tous, le désordre de l'esprit. Il n'avait pas deux idées en commun avec la C. G. T. Il lui refusait même le nom de syndicat : une coalition d'ouvriers ne représente pas plus le métier qu une coalition do [)atrons. Le métier se compose d'ouvriers et de patrons; tels sont les membres qui forment le corps de la profession : l'association professionnelle doit comprendre des représentants de ce double élément. C'est leur ensemble qui fait la famille laborieuse, ("est de leurs intérêts communs que doit sortir l'ordre nouveau et cette organisation nécessaire des rapports du capital et du travail. Cet ordre d'ailleurs, une fois fixé et consenti, doit revêtir un caractère impératif. Clermont-Tonnerre n'est point suspect de faiblesse pour rtltnt; il n'aime point la politique, et la solution socialiste par le monopole illimité lui semblait misérable. Il détestait 1 Etat toucbe-à-tout, omniscient, omnipotent, brouillon, industriel, commerçant, directeur de che-

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mins de fer, fabricant d'allumettes et marchand de bonheur. Cet Etat-bazar, universel, paperassier et encyclopédique, ce grand caphar naum parlementaire et administratif, cette lourde et impotente machine ne lui dit rien qui vaille. 11 n'avait pas la foi en cette divinité. Cependant, en matière sociale, en matière de retraites et de caisses de secours, d'assurances, de « mutuelles », de repos hebdomadaire, il admettait la garantie et au besoin la contrainte de l'Etat.

En fait, il croit l'Etat très peu capable d'initiative ; en toutes choses il le voit suivre, avec | beaucoup de retard, l'impulsion du dehors. Jamais l'ébranlement, rétincelle ne partent du pouvoir : le gouvernement ne crée rien, pas plus que le thermomètre ne crée la température. Le législateur se borne à enregistrer le fait accompli et les mœurs existantes et à leur donner force de loi. Il ne cause pas le fait, mais le formule, et lui prête son autorité. Le vrai travail se fait ailleurs, et c'est ainsi que Clermont-Tonnerre, dans un de ses plus beaux discours, montrait dans toutes les lois

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sociales de la Iroisième R«3publique l'œuvre et les idées démarquées de ces catholiques, que l)rimaieut les ministres de cette môme Hépuhli- (juc. Un homme d'esprit, pour ex|)liquer les grands règnes féminins, a dit que « sous le règne des femmes, ce sont les hommes qui gouvernent ». Avec les Parlements, c'est l'opinion qui dirige, et c'est pourquoi Clcrmont- Tounerre se souciait peu d'être député.

Ces associations j)rofussionnelles, ces groupemenls de métiers, c'est en somme le régime des anciennes corporations. Elles avaient du l)on, ces vieilles corporations tant décriées :on y revient HUes avaient leurs défauts; elles étaient devenues tracassières, routinières, formalistes, animées d'un esprit de chicane et de monopole. (I Kllesn'étaientplusque des organismes étriqués et rigides, forteresses de privilèges abusifs pour quelques-uns, obstacles à 1 activité du plusgrand nombre, instrument de pure fiscalité entre les mains de ri-^tal'. » La Révolution les supprima d'un traitde plume (1791), défendant désormais,

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