‹ Louis Hébert (volume 2)Chapitre 27 sur 74 · CHAPITRE NI · texte numérisé non relu

CHAPITRE NI

LOUIS HÉBERT ET LES SAUVAGES. — IL APPREND LEUR LANGUE. — LES PREMIÈRES FAMILLES CANADIENNES. — Mme DE CHAMPLAIN ARRIVE A QUÉBEC. — SA CHA- RITÉ EXEMPLAIRE. — ELLE RETOURNE EN FRANCE. — HÉROÏSME DE NOS PREMIÈRES MÈRES. — MARIAGE DE GUILLAUME COUILLARD ET DE MARIE GUILLEMETTE HÉBERT.

Deux pensées avaient déterminé Louis Hébert à consacrer sa vie à la fondation de la Nouvelle France: l'agrandissement du domaine du roi très chrétien et la conversion des sauvages. M. de Champlain, l'illustre fondateur de Québec, qui ne craignit pas d'écrire que le salut d'une âme vaut plus que la conquête d'un empire, avait donc trouvé en Louis Hébert un coopérateur digne de lui. Louis Hébert avait une âme d'apôtre. A Port-Royal il n'avait pas négligé les indigènes; pour les attirer à la foi chrétienne, il avait étudié leur idiome et il avait prodigué à tous les plus grandes marques de charité.

A Québec, la conduite de notre colon fut aussi sublime, comme l'atteste le bon Frère Sagard. Les

sauvages ne tardèrent pas à le visiter et à s'attacher â lui. Il employait mille procédés pour les gagner. Que de services il leur rendit sans exiger de retour! Tandis que les Associés des Marchands ne voyaient en eux que des êtres bons à exploiter, Louis Hébert, lui, les regardait comme des créatures raisonnables qui eussent pu arriver à la connaissance de Dieu si on leur en eût donné les moyens.

Mme Hébert rivalisait de zèle avec son digne époux. Comme lui elle se mit à étudier la langue des indigènes et elle s'appliqua à les instruire des vérités de la foi. Elle inaugura, comme nous le disons plus loin, dans sa maison une école où les petits sauvages des deux sexes se rendaient pour apprendre leurs prières et le catéchisme. Quelle charité dans cette première famille chrétienne!

La plupart de nos familles, qui arrivèrent dans les premières années sur le sol canadien, suivirent l'exemple de ces colons. Comme eux elles aidèrent de toutes leurs forces à propager le nom du Christ sur nos rives. Les Relations des Jésuites, si intéressantes, contiennent des pages qui 'témoignent du zèle apostolique des premiers colons canadiens.

Les jours de dimanche et de fête Louis Hébert et sa famille se rendaient à la chapelle de l'Habitation où un Père célébrait la Sainte-Messe en présence de toute la population. C'est là que nos premiers pères puisaient le courage dont ils avaient tant besoin pour continuer leur œuvre.

Le soir, Martin, Desportes, Pivert et leurs femmes

Page 1