‹ Louis Hébert (volume 2)Chapitre 31 sur 74 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Basilique, le Séminaire, l'Université Laval, et qui comprend les rues Hébert et Couillard.

A la mort du duc de Montmorency, Louis Hébert résolut de faire confirmer cette concession importante. Il envoya au duc de Ventadour une supplique dans laquelle il rappelait les nombreux services qu'il avait rendus à la Nouvelle-France.

Louis Hébert déclarait qu'il avait entrepris, depuis plusieurs années, de longs et pénibles travaux, couru de nombreux dangers et dépensé une partie de sa fortune pour coopérer à la découverte du Canada et à la fondation de la colonie; qu'il était le premier chef de famille, qui, avec ses enfants, depuis l'an 1600, habitait le pays; qu'il avait vendu tous ses biens, à Paris, quitté ses parents et ses amis, pour donner commencement à une colonie et peuplade chrétienne, tels étaient les titres sur lesquels il basait son humble requête.

Le duc de Ventadour s'empressa de ratifier la première concession. 11 accorda à Louis Hébert tout le terrain qu'il avait défriché, avec le droit d'en jouir en fief noble ainsi que ses descendants. Pensant que par cette concession les services de Louis Hébert n'étaient pas assez rémunérés, le ministre en ajouta une autre située sur les bords de la Rivière Saint-Charles. Elle comprenait une lieue de terre de front sur quatre lieues de profondeur. Ce fut le fief Lespinay qui resta dans la famille Couillard jusqu'à la quatrième génération.

Le titre de concession accordait à Louis Hébert la

jouissance de ce domaine en fief noble, aux mêmes conditions de la première donation.

Il semble que la Providence aurait dû accorder à notre pionnier une longue vieillesse qui lui eût permis de jouir en paix des fruits de ses travaux. Il y avait dix ans qu'il était dans la colonie, il commençait à vivre plus à Taise, ses champs fournissaient abondamment pour l'entretien de sa famille, et il était sur le point d'oublier ses fatigues, quand Dieu l'appela à lui. Les mérites de notre colon étaient assez grands pour lui valoir la récompense éternelle; ou, en le retirant de ce monde, Dieu voulut lui épargner la vue des épreuves qui allaient bientôt fondre sur la Nouvelle-France.

Louis Hébert eut-il un pressentiment de sa mort prochaine? Un jour qu'il était allé visiter les Pères Récollets, il exprima au supérieur le désir d'être enterré au pied de la grande croix de leur cimetière. Il avait choisi d'avance le lieu de sa sépulture.

Peu de temps après, vers la fin de janvier de l'année 1627, il fit une 'chute sur la glace et se blessa si grièvement que bientôt il n'y eut plus d'espoir de le ramener à la vie. La nouvelle de l'accident jeta l'émoi dans la colonie. Les sauvages accoururent auprès de celui qu'ils aimaient à appeler leur ami. Louis Hébert eut encore la force de leur adresser des paroles pleines de charité. Les Français eux-mêmes furent consternés; il leur avait rendu à tous de si grands services. Il était si bon, si empressé envers eux! M'»e Hébert ne pouvait croire à l'étendue du

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