‹ Louis Hébert (volume 2)Chapitre 49 sur 74 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

sublime n'est pas assez mise en lumière; nous devons la mieux faire connaître afin qu'elle serve d'exemple à la génération présente.

En l'année 1627, nous trouvons tous les membres de la famille assistant au baptême d'un petit sauvage qui avait été sous les soins de Mme Hébert. Le Frère Sagard nous apprend que depuis longtemps il était tourmenté par le démon. Ses crises étaient affreuses. Mme Hébert et les Récollets l'avaient préparé pour lui faire recevoir le saint baptême. Au sortir d'une attaque plus forte que les précédentes, les Pères résolurent de le baptiser. La cérémonie 'donna lieu à une solennité extraordinaire.

Le Père Lallemand, Jésuite, célébra la Sainte Messe durant laquelle le Père Joseph Le Caron, Récollet, donna le sermon. Après la messe, le néophyte, tout de blanc habillé, se présenta à la porte de l'église. En présence de tout le monde, il répondit avec assurance aux questions exigées par le Rituel Romain. Comme il persévérait dans la résolution de recevoir le baptême, il fut introduit dans l'église, et le Père le baptisa. M. de Champlain fut parrain, Mme Hébert fut toute heureuse d'en être la marraine. La plupart des Français tinrent à honneur d'assister à cette cérémonie. Lorsque le Te Deum fut entonné, les canons du fort annoncèrent aux deux rives du Saint- Laurent que l'Eglise comptait dans son sein un enfant de plus.

Après la cérémonie, les Pères, le chef sauvage et le nouveau baptisé prirent le dîner avec M. de Chain-

plain au fort. Le capitaine Montagnais et les autres sauvages se rendirent à la maison de M™ Hébert. Elle avait préparé pour le festin cinquante-six outardes, trente canards, vingt sarcelles, des viandes en quantité, deux barils de pois, un baril de galettes, quinze à vingt livres de pruneaux, et du blé d'Inde. Guillaume Couillard et Pierre Magnaii, qui fut plus tard tué par les Iroquois, firent les honneurs du repas. Sur le soir les sauvages se retirèrent dans leurs cabanes, contents de leur journée et emportant avec eux les restes de ce colossal festin.

Au mois de mai de la même année, Mme Hébert voulut encore être la marraine d'un autre sauvage de dix-huit à vingt ans. Le baptême eut lieu le jour de la Pentecôte. Au nouveau baptisé on donna le nom de Louis. M. de Champlain fut le parrain. Comme pour le précédent baptême, il y eut des salves d'artillerie, festin, et le nouveau chrétien prit le dîner en compagnie de son charitable parrain.

Pendant la longue absence des Français qui dura de 1629 à 1632, M™ Hébert et sa famille eurent plusieurs fois l'occasion d'exercer leur charité envers les sauvages. En dépit des mauvais traitements auxquels ils étaient exposés, ils venaient de temps en temps dans la maison toujours hospitalière de Mme Hébert et ils recevaient des leçons de catéchisme et des secours dont ils avaient besoin.

Le Père Le Jeune, dans la Relation de 1632, raconte ainsi le second baptême administré à Québec, après le retour des Français: « Le second sauvage baptisé,

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