‹ Louis Ménard et son œuvreChapitre 13 sur 54 · I. — Thérapeutique · texte numérisé non relu

I. — Thérapeutique

J"ai lu, je ne sais où, la légende amoureuse

De Raymond Lulle. On dit qu'un jour il rencontra

Une femme fort belle, et 1 amour pénétra

Dans son cœur calme et vint troubler sa vie heureuse.'

Il quitta, comme Faust, la route ténébreuse De l'austère science, et son amour dura Jusqu'au jour où l'objet qu'il aimait lui montra Son sein que dévorait une lèpre hideuse.

Miroirs de volupté, beaux lacs aux flots dazur. Où se cache toujours quelque reptile impur, Anges d'illusion, démons aux corps de femmes,

Sirènes et Circés, qu'il est triste le jour

Où, pour guérir nos cœurs des poisons de l'amour,

Vous nous montrez à nu la lèpre de vos âmes.

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