‹ Louis Ménard et son œuvreChapitre 15 sur 54 · III. — Circé · texte numérisé non relu

III. — Circé

Douce comme un rayon de lune, un son de lyre.. Pour dompter les plus forts, elle n'a qu'à sourire. Les magiques lueurs de ses yeux caressants Versent l'ardente extase à tout ce qui respire.

Les grands ours, les lions fauves et rugissants Lèchent ses pieds d'ivoire; un nuage d'encens L'enveloppe; elle chante, elle enchaîne, elle attire, La Volupté sinistre, aux filtres tout-puissants.

Sous le joug du désir, elle traîne à sa suite L'innombrable troupeau des êtres, les charmant Par son regard de vierge et sa bouche qui ment,

Tranquille, irrésistible. Ah ! maudite, maudite ! Puisque tu changes l'homme en bête, au moins endors Dans nos cœurs pleins de toi la honte et le remords.

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