‹ Louis Ménard et son œuvreChapitre 19 sur 54 · VII. — Érinnys · texte numérisé non relu

VII. — Érinnys

Je sais que toute joie est une illusion.

Qu'il faut que tout se paye et que tout se compense,

Et je devrais bénir la dure providence

Qui m'impose l'épreuve ou l'expiation.

Les stériles regrets, la menteuse espérance N'atteignent pas la pure et calme région ■ Oii le sage s'endort, libre de passion. Dans la sereine paix de son intelligence;

Je le sais, mais je garde au cœur le souvenir

D'un rêve éblouissant, qui ne peut revenir

Ni dans ce monde-ci, ni dans l'autre : personne,

Ange, Démon ou Dieu, n'y peut rien; j'ai perdu

Un bonheur bien plus grand que ceux que le ciel donne,

Et ce bonheur jamais ne me sera rendu.

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