‹ Louis Michel La Commune 1898Chapitre 21 sur 68 · LA LUTTE A OUTRANCE · texte numérisé non relu

LA LUTTE A OUTRANCE

« La lutte à outrance, la continuation de la lutte jusqu’à la victoire n’est pas une utopie, n'est pas uu e erreur. !

» La France possède encore un immense matériel de guerre, un grand nombre de soldats.

» La ligne de la Loire qui est une excellente position est à peine entamée, tant que Bourges n’est pas perdu, mais lût-elle acquise à l’ennemi, l’attaque des provinces méridionales devient difficile à cause du

^ussii de l'Auvergne qui oblige l’ennemi à partager ses °i‘ts entre Lyon et Bordeaux, un échec des Prussiens

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* U11 e de ces deux lignes les dégage toutes deux.

he^ COn ^ ra * ro * a résistance a souvent des chances élises, rappelez-vous la bataille de Cannes ; la con- T u, 'te de la Hollande par Louis XIV à la tète de quatre ari oées, ^ es plus puissantes de l’Europe, commandées

* u renne et Coudé; l’envahissement de l’Espagne || ai Napoléon en 48(18. Voilà trois situations qui étaient e beaucoup plus désespérées, plus accablantes, qui Essaient bien moins de chances à une issue honorable ( ï lïü notre situation après la prise de Paris. a Cependant toutes trois ont été heureuses, ei ce

pas un effet du hasard mais peut-être .reflet d’une 11 constante dont un des caractères les plus nets est dépérissement des armées victorieuses.

** Cne armée qui fait une guerre active se détruit 01 s uiOme quelle a toutes facilités de se recruter, les Cf ‘rues qu’elle reçoit maintiennent sa force numérique, n iais ne remplacent pas les vieux soldats ni les offi- ClCî ‘s qu’elle a perdus.

C’est par le défaut d'officiers qu’a péri l’armée de * a poléon, il en est de même de l’armée d'Ann ibal, il en sep a de même de l’armée prussienne et plus promptem ent encore sans compter que la mort de M, de Bismarck ou de M. de Moltke peut ton L emporter.

n ha mort de Pyrrhus vainqueur n'est pas un parad^xe; il vient souvent un moment poür les conquérants 0tl Je désastre est tout entier en germe dans une vie-

mire : ce moment c’est Cannes ou la Hoskowa. — ! ■ r quoi les Prussiens n'auraient* ils pas la même

Aventure?

” Il ne s’agit que d’attendre le moment de les user.

Gs lasser, non leur faire trouver Capoue dans nos

v dles, mais ne jamais faire marché avec eux pour notre rançon.

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» Nous manquons de patience, nous faisons La pa* x aussi inconsidérément que nous avons fait la guerre» ce peuple est trop mobile et trop sceptique ; il y iL quatre-vingts ans on a pu îe fanatiser avec des idées rie liberté, de propagande égalitaire et de démocratie universelle, qui croîra-t-on maintenant?.. »

C'est bien le style de l’homme de guerre pour qui avait combattre la guerre de conquête contre une année disciplinée. Un général tel que llosscl n’eût p; lS été inutile.

IMns tard, quand il voulut faire de la garde nationale une armée régulière, iîossel ne comprit pas que l’élan révolutionnaire, puisqu'il fallait se hâter, que lu temps manquait comme le nombre devait surtout être employé.

Mais dans les situations désespérées, que chacun emploie ie moyen qu’il comprend; l arme qu’on connaît est la meilleure, il connaissait bien le métier de la guerre, des dévoués auraient dans ce cas subi la

me

Rosse i écrivait de Nevërs, démontrant les faute» commises par les généraux de l'Empire, que la République de septembre maintenait à la tète de scs armées.

« Les opérations militaires ont été continuellement malheureuses.

» A force d’impéritie, les plans ont toujours été vicieux et les chefs incapables, Ohanzy seul a peut-être montré du talent, encore ne sera-t-il jugé que lorsqu'un saura quelles forces il avait devant lui.

» El, ce seul général a été laissé en dehors de l’échiquier occupé avec des forces insuffisances à courir

la lîretagne et le Poitou.

» Gambetta était devenu promptement un homme politique, il fallait qu’il devint un homme de guerre

** La marche de Bourbulâ dans 1 hst a etc g&chcû, ia C r hne de coller une année contre une frontière neutre 'le découvrir toute' sa ligne d'opérations sur une ^eur de loO kilomètres n’a pas de nom dans la Sc * e nce militaire.

» Si Gambetta avait fait lui-même au lieu de st lettre à la discrétion d’un vieux soldat usé qui mar

opération qu'il avait conçut charmer en un bonteux de

‘«mait jamais pu se

sastre,

>J La République est 1 Empire parce quelle choix des chefs.

>J Que le gouverne me le gouvernement de Juste îliisci n î ii 1 nnns ré

» Nous avons subi la distinction de l'armée cl de 1* mobile, mais c'est nous qui avons inventé les mobîli ses, multiplié les uniformes et les systèmes, exclu lc s hommes mariés de la défense nationale sous le prc* texte invalide que cela minerait le pays. Est* il as£^ z ruiné désormais le pays? :

» Et quels organisateurs incapables; ils n'avaicid qu'une seule crainte, avoir trop de monde instruire ils excluaient du recrutement autant de monde qu'il leur était possible, ils ne savaient ni réunir les boni* mes ni les commander et le gouverne nient multiplia*! leur travail par la création déraisonnable de camp 5 d’instruction.

» Ils avaient cependant une tâche déterminée à accomplir dans un temps déterminé, instruire les soldat» à celle Ulcbe difficile avait ajouté celle de créer dans le même temps des baraquements nombreux en faisant de nouveaux corps.

» L'artillerie n’a pas su sacrifier un clou de son matériel savant et durable, ses canons et ses alïïUs, ses caissons, ses harnais dureront quarante ans, c’est vrai» mais ils ne seront jamais achevés qu 'après la guerre.

» Ayant besoin de faire vite, avons nous simplifia notre armement ’? Non. Nous l’avons compliqué par l'adoption du canon rayé. Nos défaites ne tenaient pa» à l’armement défectueux, mais à des causes d'un ordre incomparablement plus élevé.

*> Le canon rayé est bon pour les badauds, ayons des canons lisses et tâchons de nous en servir.

» La cavalerie a été aussi méthodique que l'artillerie et aussi incapable sur les champs de bataille. »

(RoSsei.. Papiers posthumes, recueillis en 1871 par .fuies Amigues.)

LÀ COMMUNE il <3

marche dans l’Est qui, disait Kosscî, avait été Séchée, fut également indiquée par huilier, ofticier de Marine, que te désespoir de la défaite jeta vers la Eonin||ne et que i affaire du Mont-Yalérien (oii il cn- S a oCa sur la parole d’honneur du commandant de ce la première sortie contre Versailles dans un dé* sa? tre), rendit depuis sujet à des accès terribles.

huilier avait dès le 25 novembre -1870, envoyé le plan suivant auquel il avait une confiance profonde et <l’ù resta sans réponse. .

h est curieux de voir aujourd’hui combien il eût été facile au moins d’essayer de débloquer Paris, qui ne demandait qu’à se défendre héroïquement.

h « L’objectif d 'opérations commun aux armées de * a République doit être de débloquer Paris. Pour oblenîr Ce résultat, ce serait tomber dans une grave erreur Çce concevoir un plan d’après lequel chacune <le ces ar mées marcherait isolément quoique par des mouvements simultanés sur Paris, car les armées allemandes * eeupânt en forces autour de celle place une position concentrique, U leur serait fac i 1 e de combiner leurs Mouvements et d’accabler séparément et successivement chacune des armées françaises qui se présentement sur l’un des rayons de leur cercle d’action. 11

serait bien difficile, au contraire, pour celles-ci d’ob- 1( Mir une coïncidence exacte de leurs attaques si i on c °asklère la répartition des forces agissantes sur le Rentre général des occupations.

J) Marcher directement sur Paris, c’est aller attaquer directement l'ennemi au siège de sa puissance, au Ce »Ure de scs ressources, c’est vouloir prendre le taureau nar h* s en mes

de jour en jour, année qui sera bientôt en état de sortir et de donner efficacement au dehors*

» Pour dégager Paris, il suffit d’o.blîger l’ennemi !L distraire momentanément une partie importante des forces qui enserrent la capitale et de l’amener à les porter à une distance qui laisse pendant quarante-huit heures seulement libre jeu h l’armée assiégée pour

exécuter une sortie générale contre l’armée assieeantc; or, en manœuvrant en province, il est facile dobtenîr ce résultat et de dégager partiellement Paris* » Quelle est la manœuvre générale à. faire?

ii. « Réunir toutes les forces disponibles dans le Midi

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à Lyon; toutes celles du centre au camp de Nevers; toutes celles de l'Ouest ;\ Tours; faire replier l'armée de la Loire sur cette dernière ville et au moyen des voies ferrées; opérer un mouvement général de concentration de toutes ces forces sur Lan gros.

» On peut réunir en moins de quinze jours *

300:000 hommes sous celle dernière ville, place forte avec son camp retranché à portée. Telle armée, couverte sur sa droite par les places de Besançon et de

lîeîfort. sera en mesure de se porter soit sur J i hâtons par Vitry-le-F rançàis, soit entre Tout et Nancy, en faisant tomber par l’option pour cette dernière ville la ligne de la Meuse, mauvaise ligne, peu défendue et

peu défendable.

» Par l’une ou l’autre de ces avancées, l’armée concentrée à Emigres menace directement les communications de l’ennemi, lesquelles s'étendent sur une ligne de 110 lieues par Chiions, Verdun eL Nancy, de

Strasbourg à Paris. Elle oblige ainsi infailliblement L’ennemi à dégager partiellement Paris pour porter une partie considérable de ses forces sur Ciblions ou

sur Metz au secours de ses communications menacées* » Si l’armée de Langres est battue, elle se repliera sur la chaussée de Paris à Lyon, sa ligne de retraite

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na tureile qu’elle ne cesse de couvrir dans son mouve- Ilie nt en avant et sur laquelle elle possède Lyon avec camp retranché comme base et Dijon comme place

ravitaillement et de défense.

>) ‘ Quoi qu'il advienne, le but sera donc atteint : menacer les communications de l'ennemi sans décou- 'rlr les siennes.

h Dans ce même temps l’armée du Nord doit venir itordgr l'Oise de Chagny à Creii, puis se concentrer Sur la gauche pour se porter par Reims sur les communications de l’ennemi et venir donner la main à yXrîhée de Langres ou, suivant les circonstances, se concentrer sur la droite pour venir donner par Saînt- J) ehis la main à l’armée de Paris et concourir ainsi au résultat de la sortie générale exécutée par celle-ci.

111. « Menacer les communications de 1 ennemi pour l’obliger è lâcher prise et à rétrograder est l’une des mannntvres les plus usuelles h la guerre ; Pexpérieirv de l’histoire militaire prouve qu’une telle manœuvre même médiocrement conduite a presque toujours été couronnée d'un plein succès.

» En 1800, le général autrichien Mêlas opérait sur m Var contre la France.

» Sa ligne de communication passait par Coni, Alexandrie et la rive droite du 1*0. Ronapaitc avec *10,000 hommes franchit le Saint- lïernard et vint se placer à cheval sur cette ligne à Marengo,

« Mêlas menacé d’être coupé de Mantoue et do 1 Adige, sa hase, se concentre en toute hâte sur Alexandrie.

» Vaincu en avant de cette place, il se trouve dans } alternative de s’y renfermer ou de signer un traite f lm nous livre Vital îe.

» Fn 48] 2. après avoir perdu la bataille de la Moskowa et évacué Moscou, le généralissime russe Mutusoff v ‘nt se placer au sud de la ligne de communication de

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l'annér française. Napoléon fui obligé aussitôt de venir

à lui et après la bataille indécise de Malb-Jarolaswilz, le général russe ayant appuyé encore d’une marche

vers 1 Ouest} Napoléon fut oblige de quitter brusque* meiri; Moscou et faillit être coupé de fa base, la Pologne et la Bérésîna.

» En 1813. dès que les alliés s’avisèrent de foire une marche de concentration sur Leipzig, Napoléon est obligé de quitter sa position concentrique de Dresde pour voler au secours de ses communications menacées; après les trois batailles de Leipzig, il est obligé de se replier en toute hâte vers le Ithin, sa base.

» Dans la même année 1813, en Espagne, dès que le générai anglais Wellington s’avisa de marcher par \alladolid sur Burgos, le roi Joseph et les généraux français menacés d'être coupés des Pyrénées, leur base, évacuèrent précipitamment Madrid et faillirent être coupés à Viltoria.

» Eh -1814, Wellington était ù Bordeaux, se préparant ù marcher sur Paris; mais le maréchal Soull qui avait pris le commandement de l’armée d’Espagne fit une retraite parallèle à la frontière et vint prendre position à Toulouse. Wellington ne pouvant laisser une année sur le flanc de sa ligne de communication, fut obligé de venir au général français et de lui livrer la bataille de Toulouse.

tt Dans la même année de 4814. après la bataille indécise de Bar-sur-Aube, Napoléon marcha sur Saint- Dizier pour se porter sur la Lorraine et se jeter sur les

communications des années allemandes. Bien qu'il ne disposât alors que de soixante-cinq mille soldats, celte

marche eiH été décisive si Paris eiH été mis en état de résister seulement quinze jours.

1\ . « Le plan d’une marche de concentration générale de nos forces de Langres. plan qu’on est en mesure

d’exécuter avec trois cent mille hommes dès le 16 de-

C(i nibre est donc conforme aux principes de la science s traii5gî L | ue, et le résultat en est pour ainsi dire garanti ^avarice par l’expérience de l’histoire ; il est de plus c °n forme aux lumières du plus simple bon sens.

La France est mutilée, il ne lui reste plus qu’un mais ce bras est encore capable de tenir une e pee, U n ennemi enhardi par le succès met la main Sur Paris. la capitale saura-t-elle lui saisir cette main, Sln °n l’ennemi serrera plus fort et de son autre il Vé f: *rtera. Mais si du bras qui lui reste elle menace son l, ‘ v ersaire, celui-ci lâchera prise aussitôt. Le bras de ,l Prusse est étendu sur la France de Strasbourg à Paris ) c'est ce bras qu’il faut menacer avec toutes les * ül ’ces disponibles.

h Pour que les opérations de la nature de celle que ^°us précisons réussissent, il faut deux choses :

1° Le secret gardé sur ses intentions qui ne doivent ^‘frc révélées que tardivement par les buts et alors ‘lu’ il n’est plus temps pour l'ennemi d’y parer par des { 0 n t r e* ma noïüv res . L’art fie la guerre n’est si difficile ^ue par la difficulté qu’on éprouve à cacher d’une P^rl ses projets à l'ennemi et de l'autre ù. pénétrer

2' L’exacte combinaison des détails, le recensement ^ matériel, des voies d’exploitation dont on doit se Servir, le calcul exact des durées du transport par chemin de fer. La quantité suffisante de muni Lions de guerre et de denrées alimentaires assurée, de manière u n e laisser jamais aucun corps en l’air ou sans vivres. J) ans la guerre, le calcul exact du temps et des dis-

" Le plus beau plan du monde échoue parce qu'un CQr ps d’armée arrive quelques heures trop lard sur le ' hamp fie bataille.

l) Arrivé quatre heures trop tard, il se trouve en P^scnce d’une dérouté et 1 aggrave même.

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