LB TRAJET
‘431 mars-—Le ministre de la milice reçoit la dépèche suivante :
A L'HONORABLE A. P. Caron.
‘ La police a été attaquée à Carlton, 11 tués et blessés. Comme l'affaire est grave, il serait mieux d'envoyer tous les réguliers et les bons régiments des villes. Ceux qui connaissent le pays disent qu'il faudrait au moins 2,000 hommes,
Signe, F. MivpzeTon, Major général.
à réponntre son
n subite ndard de omentait autorité rnement nbre des
Riel e s du lac urriers.
hiques arke.
a lac au nacé de
ue avec nnipeg,
vdeney, nn était 1e.
or Cropt. Le
Île, Jart de *amedi,
Ouest.
rrive à
1e sui-
lessés.
us les nnais- 3,
“ Des ordres furent donnés par le ministre de la milice, et l’armée qui fut mise en campagne comptait 335 officiers, 4,147 hommes, 473 chevaux et 8 canons. 1
“ L'artillerie de garnison de Montréal fut ensuite appelée, et le nombre des hommes sous les armes s'éleva à 4,768 officiers et soldats. j
“ Nos soldats en ont été quittes pour un peu de fatigue causée par trois marches forcées, mais le Canada resta indépendant des autorités de Washington.
« L'on sait d'ailleurs qu'avant d'en venir à une décision, quant à la route à suivre, le gouvernement d'Ottawa avait sonde l’opinion américaine, qui d’abord parut favorable.
Mais après plus mûre réflexion, le gouvernement de Washington trouva que le passage de nos troupes sur son territoire pourrait avoir des consequences sérieuses, et finalement il s'y refusa formellement. Cependant, l'on d vit tenir compte du bon esprit dont les Etats-Unis ont fait preuve, en disposant leurs forces sur nos frontières de manière à empêcher les bandes de maraudeurs sauvages de pénétrer sur le territoire canadien. En somme, le Canada a lieu d'être satisfait de la conduite des autorités de Washington à notre égard.
‘ La marche des ‘‘brèches’ qui s’est effectuée dans la neige et 1e" pluie fait le plus grand honneur à nos volontaires. Elle prouve que ces derniers sont de l’étoffe dont ont fait les vrais soldats. En effet, la marche en question s'est faite pendant la saison la plus défavorable de l’année et cependant rien n'a cloché.
“ Les trois ou quatre brèches qui ont nécessité des marches forment un total de soixante-quinze à quatre-vingts milles. Ce trajet qui ferait honneur à des vétérans, s'est fait avec. gaité d'esprit par des hommes sans expérience aucune, et qui pour la plupart sortaient de leurs magasins, de leurs bureaux professionels. Pas le moindre murmure ne s'est fait entendre et les témoins impartiaux disent tous que dans cette occasion nos militaires ont donné dés preuves évidentes de leur vigueur et de leur courage, ce qui ne pouvait qu’inspirer la plus grande confiance pour le moment du combat.
‘“ L'un après l’autre nos régiments annoncèrent leur arrivée à Winnipeg sans le moindre accident, la plupart des hommes étant dans la meilleure des conditions. Certes, nous ne prétendons pas qu'un tel trajet se soit fait sans souffrance aucune de la part de nos soldats, mais les contre-témps ont été si rares qne la chose ne vaut pas la peine d’être mentionnée.
‘ Arrivé au Fort Qu’'Appelle, le général Middleton se mit de suite à étudier et organiser son plan de campagne, afin que tout fut prêt dès l’arrivée des troupes du Canada-Est. Il donna ordre pour que les troupes du Nord-Ouest fussent divisées en trois colonnes volantes, avec une base pour le transport des provisions par la ligne du Pacifique canadien. La première
colonne commandée par Middleton lui-même, établit d'abord ses quartiers-généraux au Fort Qu'Appelle. La seconde, sous les ordres du lieutenant-colonel Otter partit de Swift Current. La troisième, commandée par le major-général Strange, fut stationnée à Calgary. La Kigne pour le transport des provisions fut établie à Swift Current, sous les ordres du majorgénéral Laurie.
4 D’autres corps enfin furent distribués le long de la ligne du ‘Pacitique Canadien, prêts à partir à un moment d'avis, soit pour le nord soit pour le sud, selon le besoin. Le tableau suivant nous donne la force respective de chaque colonne ainsi que la position occupée par chaque corps placé sur le parcours de la ligne du chemin de fer.