‹ Louis Riel, assemblée de Lachine, 10 août 1885 [microforme]Chapitre 1 sur 5 · SOMMAIRE COMPLET · texte numérisé non relu

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à CORRIGÉ PAR LUI-MÈME,

Depuis 50 ans, la plus parfaite tranquillité a régné dans le pays ; toutes les provinces ont eu des griefs ; par exemple les réserves

POP Mad TE RE

: du clergé protestantet la représentation ba-

© sée sur la population à Ontario ; 1 abolition de iatenure geigneuriale à Québec, la question ï des écoles séparées au Nouveau-Brunswick.

: Encore dernièrement la Nouvelle-Ecosse lan- % çait le cri de sécession en pleine législature, mais quelques jours après elle envoyait ses … soldats pour défendre le drapeau de l’Union. « La question des terres à l’Ile du Prince- … Edouard, celle des pêcheries pour toutes les * Provinces Maritimes, celle de la frontière 4 d'Ontario et encore plus récemment la ques- “ tion chinoise pour la Üolombie Anglaise, tou - “tes autant de questions plus brûlantes et plus ‘ presgantes que celle des Métis de Saint-Lau- :rent, qui, avec le temps ont reçu une solution 2 pacifique et à la fois satisfaisante.

… Et puis, enfin, la politique nationale que “tout le Dominion souffrant d'une concurrence “désastreuse de la part du commerce améri- * cain, a demandé à grands cris et par tant de * requêtes et pendant tant d'années, n’a-t-elle + pas été acquise par des moyens constitution- …nels ?

" Si des abus, des griefs locaux, peuvent jus- “tifier un appel aux armes, le pays tout en Étier n’aurait-il pas eu raison de s'insurger © contre l'administration libérale de 1875 à 1878 ? … Non ; le peuple a patiemment mais sagement + attendu les élections générales et le 20 sep. 2 tembre 1878, il se rendait justice à lui-même ten renversant une majorité trop docile en + Parlement de 75 en une minorité de 90.

à Le remède à tous les griefs a toujours été

Du MONDE, 12 Août 1886.

trouvé dans l'agitation politique, les moyens constitutionnels.

Riel et les Métis de Saint Laurent n'ont eux-mêmes songé d'abord qu'au mode pacifique et constitutionnel. Mais, a-t-on dit, ce n’est que lorsque l'on a vu que les moyens constitutionnels ne produisaient rien, qu'on a eu recours aux armes. Quels étaient ces griefs ? Consultons l’histoire politique de ce pays. Le Canada a acquis le Nord-Ouest en

Tout y était à faire, constitution politique, organisation des tribunaux, arpentages,

bureaux d’enregistrement, voies de communication, bureaux de poste, et si à cela l’on ajoute que le pays était peu-

plé de 33 à 34,000 sauvages et de 12 à 13,000 métis de diverses origines, plus civilisés que les sauvages, mais vivant de chasse et de pêche comme eux, était quatre fois plus grand que le reste du Canada, la Colombie Anrlaise comprise, quatorze fois plus grand que la France, on s’imaginera à peine l’œuvre gigantesque que le gouvernement canadien entreprenait. En quinze ans, il a iztroduit la civilisation et l’ordre partout. La province de Manitoba a été organisée à l’image des vieilles

rovinces et surtout de la province de Québec.

e Nord Ouest a aussi été doté d’une constitution politique et des institutions de la civilisation des blancs. Des bureaux de poste ont éte établis, des tribunaux et bureaux d'enregistrement ouverts, enfin, l'autorité de la loi établie partout, sans même répandre une goutte de sang.

Le premier Conseil du Nord-Ouest a été orgae nisé en 1870, ayant tous ses membres choisis

parmi la population de ces régions et surtout la population française et métisse, entr'autres MM. Girard, aujourd’hui sénateur, Dubuc, aujourd’ hui juge de la Cour Supérieure à Winni-

eg, Royal, plus tard premier ministre de Janitoba et député de Provencher, Pierre Delorme et Pascal Breland,tous deux Métis.

En 1875, l'administration Mackenzie changea la constitution du Nord-Ouest, et bien qu'elle soit admirable et éminemment dans le sens

opulaire, vu qu’elle donne au Nord-Ouest ou près tous Les pouvoirs des iégislatures des vieilles provinces, le Cabinet Mackenzie eut l'énorme tort d’iguorer toute la population métisse et blanche du Nord-Ouest dans le choix de ses nominations. Les membres du Conseil furent pris à Ontario et son lieutenant gouverneur, Laird, à l'Ile du Prince Edouard. Le shérif, le régistrateur, l'agent des terres. les magistrats furent tous pris à Ontario. Des plaintes furent faites à ce sujet au Parlement durant la session de 1878, et particulièrement par Sir Hector Langevin.

Les Métis envoyèrent des requêtes au gouvernernent vers la même époque.

Ils signalèrent entre autres le fait que le magistrat Richardson refusait de se servir de jurés français, parce qu’ils ne parlaient pas l'anglais et que lui ne parlait pas le français. La conséqueuce a été qu'au printemps de 1878 le gouvernement Mackenzie nomma M. Breland au Conseil, et plus tard, l'administration actuelle nomma M. Rouleau, canadien-français de notre province, magistrat stipendiaire ; Louis Schmidt, métis, sous-agent des terres à Prince Albert, et Gauvreau,agent des terres à Edmonton ; il nomma aussi M. Dubuc juge à Manitoba et récemment M. Prud'homme juge de comté de cette même province et M. George Roy registrateur d'Edmonton. A part M.

Breland, M. Mackenzie n’a fait aucune nomination parmi les résidents. La conséquence a été que les intérêts du Nord-Ouest ont été négligés. Depuis 1875 jusqu’à 1877, le gouvernement libéral a été sollicité d'adopter une loi pour protéver le buffle, la nourriture principale des Sauvages et des Métis.

Le Père Lacombe recommanda d'empêcher la chasse du buffle du ler novembre au ler mai, et en tous temps des vaches et des veaux. M. Schultz et M. D. A. Smith, députés de Manitoba, en 1876 et 1877, ont demandé au gouvernement d'adopter des mesures de protection.

De longs débats eurent iieu alors en Parle.

ment. On citait surtout le rapport de M.

Dickinson, employé du gouvernement, envoyé tout exprès pour faire une étude de la question; cet employé d'expérience recommandait l’adoption du plan du Père Lacombe; il digaii que si le gouvernement continuait de ne rien faire, qu'il nous faudrait bientôt fairevivre les Sauvages.

Le gouvernement a répondu qu'il ne pouvait rien faire et il renvoyait la question au Conseil du Nord - Ouest, qui n’a-

an De

vait pas de juriséiction sur le sujet à cause des traités avec les Sauvages. Aussi en 1878, le Conseil abrogea-t-il l'ordonnance qu'il avait passé en 1877, pour protéger le buffle.

C'est la plus grosse bévue qu''ait été commise. Lorsque le gouvernement conservateur est arrivé au pouvoir en octobre 1878, il était trop tard. On ne pouvait rien faire pour sauver le buflle, qui avait été massacré et étoit presqu'éteint. Alorsil a fallu songer à faire vivre les Sauvages. Outre les rations auxquels 1ls avaient droit, il fallut leur donner des aliments pour les empêcher de mourir de faim, piller et tuer. En 1882, il leur a été donné $563,651 à titre de charité, autant en 1883 et $499,325 en 1884. Chaque famille Sauvage, composée disons de 5 personnes x reçu $110, durant chacune de ces anneés en provisions et en argent, tant en vertu des traités qu'autrement, et cela sans parler des instruments agricoles, grains de semense etc. Les sommes suivantes que nous avons dépensées chaque année pour les Sauvages de Manitoba et du Nord-Ouest font voir jusqu’à l'évidence que les Sauvages qui y sont au nombre de 34,000, y ont été libéralement traités.

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