Arch. mun. d'Orléans, CC
3. « En ung cahier de parchemin est contenu comme l'an MIISICIIIIX, le Roy envoia en la ville d'Arras, qui est là appelée la ville de Franchise, plusieurs mesnagiers pour y demeurer, ausquelz fust a ceste fin baillé argent par ceulx de leurs estatz, ce qui fust amesnagé par les commissaires que le Roy envoia audit lieu, et de ladicte part de la ville de Rouen, furent lesdicts commissaires M. Guillaume de Serizey, conseiller du Roy et l'ung desdictz commissaires, sire Mathieu de Reaulme, l’ung des conseillers de la ville de Rouen et Pierre Daré, secrettaire du Roy. » (Cu. DE BEAUREPAIRE, Nouveau recueil de notes historiques el archéologiques, concernant le département de Seine- Inférieure, Rouen, 1888, p. 195 et suiv.). — Bourges doit fournir 50 ménagers et deux marchands : chaque marchand occasionne à la ville une dépense de 1,000 écus d’or ; on est obligé d'emprunter de fortes sommes aux plus riches bourgeois (Mémoires de la Commission historique du Cher, t. X, p. 219 et suiv.).
&, Méwarp, Histoire de Nismes, t. I, p. 259. — A Albi, huit bour-
mais les frais de transport sont bien plus considérables : la ville de Lyon, qui ne doit fournir que trois marchands et seize hommes de métiers, débourse 1,124 livres pour les dépenses de première installation’. D'ailleurs, presque partout, comme il arrive en Angoumois, les commissaires royaux ne se font pas faute de commettre bien des exactions”. Louis XI reconnaît lui-même, en 1480, qu'il y a eu une choquante inégalité dans la répartition des taxes imposées aux villes : « Il est advenu, ajoute-t-il, que la plupart des villes, qui devoient fournir mesnaigiers bons et suffizans, y ont envoyé grant nombre de pauvres gens inexpers en leurs mestiers et artiffices, ne n’ont de quoy vivre, ne eulz y entretenir”. » Beaucoup de colons se sont enfuis ; et leurs maisons sont tombées en ruines. Pour réparer les injustices qui ont été commises, il impose à Paris, Corbeil et Lagny un emprunt de 2,500 livres*. A tout prix, il veut faire triompher son idée. Aussi ne craint-il pas de violer les promesses les plus formelles : en 1480, les habi-
geois sont désignés pour coloniser Arras ; ce sont un marchand, un mercier, un médecin, un apothicaire, un teinturier, un cordonnier, un serrurier, un chapelier; ils partent, le 12 juillet 1479, sous la conduite de Hugues Austry et de Guillaume Boyer. Les consuls d'Albi envoient à Franchise, sur l'ordre du roi, une « mecanique de l’art de draperie ». (Arch. mun. d'Albi, HH 5). — Cf. Æist. du Languedoc, t. XIT, Preuves, ce. 201 et suiv.