Cuazaun, op. cit., pp
3. Aug. Cuassawe, Chronique d'Estienne de Medicis, t. II, p. 48.
4. «À messire Jehan de Borbon estant en ce temps a Espali, se adressarent certains gens envoyés de par monseigneur de Berry
C'est seulement après s'être assuré de l'appui des villes que Louis XI entreprend son expédition d'Auvergne. Dans le Berry, Bourges est la seule cité qui lui résiste !; encore cette révolte n'est-elle l’œuvre que d’une petite partie des habitants, car, dit-il lui-même, «le peuple de la ville se vouloient mettre en nostre obeissance, ainsy qu'avoient fait toutes les autres villes du pays de Berry, tant du demaine que des seigneurs, sans nulle excepter. » Les bourgeois de Montluçon ont été séduits par les bons procédés du roi; la plupart des villes du pays de Combrailhe, du Bourbonnais, de l'Auvergne se sont soumises à son autorité. L'expédition obtient un complet succès : Guillaume Cousinot attribue cette heureuse issue à l'excellente discipline de l’armée royale : « Oncques ne fut si gracieuse guerre», dit-il: en un mot, Louis XI avait su se concilier l'amitié de la bour-
Se geoIsre :
lesquels firent faire au Puy et ailleurs par le pays cris et preconisations publicques que n'y eust homme qui eust à paier tailles, charges, sixieme du vin ne nuls autres tels subcides, car monseigneur de Berry les affranchiroit.. » (Zbid., t. I, p. 252). Louis XI constate lui-même, en 1470, que la fidélité des habitants ne s'est jamais démentie : « Ils n'ont jamais varié, dit-il, ne tenu autre parti que le nostre, quelque division, guerre ou adversité qui ait esté en nostredit royaulme, et ils se sont bien et notablement employés tant à la garde de nostredicte ville que de tout le pays d'environ en nostre obeyssance durant les dernieres divisions et differens advenus en nostre royaulme... » En 1467, ils aident Gilbert de la Fayette à réduire le vicomte de Polignae, qui s'était insurgé contre Louis XI (#bid., p. 255). Pour tout ce qui précède, cf. Fr. Maxper, Histoire du Velay, t. IV (1861), p. 359 et suiv.
1. Jean de la Loëre écrit au Chancelier, le 15 mai 1465 : « Pour ce que ceulx de Bourges n'ont voulu faire ouverture par sommation qui leur ait esté faicte, et doubtant trop demourer devant, le roy a deliberé de fere une reze en Bourbonnois...: et ce fait a bien entencion que ceulx de Bourges parleront plus doulcement. » (J. Qurcnerar, Doc. relatifs à la Ligue du Bien Public, dans les Mél. histor., t. II, p. 255).
2. Le 24 juin, Cousinot écrit au Chancelier : « ... Au regart de
Dès le commencement d'avril, il envoie en Picardie le chancelier Philippe de Morvilliers et entretient une correspondance incessante avec les villes de cette région : le 2etle 8 avril, il écrit aux bourgeois de Saint-Quentin pour les engager à se défier des intrigues de ses ennemis”, tandis que le chancelier, en personne, exhorte les magistrats d'Amiens à soutenir la cause royale?. Le 28 mai 1465, Louis XT remercie les habitants de Péronne de leurs protestations d'amitié et leur annonce la victoire qu'il vient de remporter en Auvergne: «Et espérons, ajoute-t-il, moyennant laide de Dieu, avoir l’au dessus de nos rebelles et desobeissans, par amour ou par force, tellement que toute la chose publique vivra soubz nous en repos°.» — Toutes les villes du nord de la France semblent favorables au roi: à Montreuil « grandz et petitz ont très bonne voulenté et grant couraige de bien garder la ville de nuictet de jour‘ ». Les habitants de Mortagne, près Tournai, refusent de recevoir dans leur ville le comte de Saint-Pol; ils demandent une garnison royale : «Nous sommes tous délibérés, écriventils, de nous emploier et exposer corps et biens a la garde
l’armée, elle n'est pas grande, mais pour XII ou XIV® combatans, je croy que oncques homme ne vit la semblable, ne garder plus bel ordre, tant en bataille, en forme de chevaucher, que a ne dommagier point le peuple ; ne il n’y a laboureur qui s’en fuye, ne homme d'eglise ne marchant, et est tout le monde en son ost, comme il seroit en la ville de Paris, sinon qu'il n'y a pas si bon logiz, et aussi que, au regard des vivres, aucuns se paient et autres ne se paient point ; oncques ne fut si gracieuse guerre. Ne vous n'ourriez parler d'une femme forcée, ne d’une esglise pillée, ne d'un homme prins, si n'est es villes qu'on prend par force, ou qu'il soit homme de guerre, ne un cheval emblé, ne ung homme destroussé. » (Cnazaup, op. cit., pp. 171 et suiv.).
1Tetines Coll p-251"