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7/09 2 Jean Moreau « soy disant patron et gouverneur desdictes gallées de France » fait opposition à l'ordonnance royale : il tend « a son singulier proffit a empescher le bien de la chouse publicque... » Depuis trois ans, il n’équipe plus aucun vaisseau pour le Levant, et il interdit toute entreprise privée ; le Languedoc ne peut done écouler ses produits: « la drapperie et autres danrees dudit pais sont si ravallees de leur pris que ne se treuve aucuns achapteurs ». La plupart des marchands touchent à la ruine”.
À ce moment même, le roi veut essaver un système nouveau : celui des compagnies de commerce. Sur cette question, il consulte un grand nombre de villes: en décembre 1481, il convoque à Tours, pour la fin de janvier 1482, les représentants de Paris, de Toulouse, de Lyon, de Montpellier, de Bourges, de Troyes, d'Orléans, de Tours, d'Angers, de Poitiers, de Limoges. — L'annexion de la Provence donne au commerce du Levant une importance toute nouvelle : pour l'exploiter, il voudrait fonder une grande compagnie de commerce, à laquelle participeraient tous les marchands de son royaume ; un capital de 100,000 livres serait consacré à cette entreprise; on construirait un grand nombre de galères destinées au trafie du Levant « en façon que les estrangiers nen aient pas la cognoissance ». Tel est le plan que le maître d'hôtel Michel Gaillard expose aux représentants des bonnes villes. Ces députés confèrent ensemble sur la question et donnent leur réponse : ils n’ont pas reçu mandat de décider l'affaire ; leur mission consiste simplement à « oïr ce que par le Roy et son dit maistre d’ostel leur seroit dit et en fere rapport a chascune desdictes villes ». Toute-
quelque estat ou condition quilz feussent, en compaignie ou particulierement, peussent et leur fust loisible faire faire toutes manieres de galees et naux, et sur icelles naviger et faire naviger, amener et emmener en et hors nostre royaume... toutes telles marchandises que bon leur semblera. »
1. Sur tout ce qui précède, cf. Archives de l'Hérault, Arréts et ordonnances, t. I, fos 15 et suiv.
fois, il leur semble que l’entreprise a peu de chances de réussir; beaucoup de villes sont pauvres, éloignées de la mer, « n’ont pas accoustumé de naviger et jamais ne firent voyageen mer.» Commenttrouver assez d'argent pour constituer une compagnie ? La famine sévit et « nest a grant poine possible de fournir à la necessité du povre peuple, sil ne vient de la grace de Dieu ». Il ne manque pas de navires pour faire le commerce, si on sait en tirer parti. Pourquoi ne pas conclure dés traités de libre échange avec Gènes, Florence, Naples, la Sicile, la Catalogne‘? Les députés se montrent encore partisans de la liberté du commerce. Que le roi, disent-ils, donne à ses sujets pleine liberté de trafiquer dans le Levant et en d’autres pays : il se trouvera bien des marchands qui « mectront grant quantité du leur et en plus grant abundance que se la chose estoit par maniere de compaignie ». Les bourgeois sont, d’ailleurs, disposés à se plier à tous les désirs du roi. Mais ils pensent que l’entreprise serait d’une exécution difhcile. Louis XI a-t-1l essayé pratiquement de fonder une compagnie de commerce ? Dans les documents, on ne trouve nulle trace d’une tentative de genre. Il est probable que cette conception originale est restée à l’état de projet”. — Dans la même assemblée, on s'ingénie à trouver les meilleurs moyens d'utiliser pour le trafic l’admirable situation de Marseille *.
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Sur toutes les affaires relatives au commerce, Louis XI à pris l'habitude de consulter les notables bourgeois. En septembre 1470, au moment où recommence la guerre avec le
1. On s'engagera à user de réciprocité, à lever, de part et d'autre, les mêmes droits ou des droits équivalents sur les marchandises importées.