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Pour anéantir toute indépendance municipale, Louis XI comprend que le procédé le plus eflicace consiste à transformer les magistrats en ofliciers royaux. — Il veut arriver tout d’abord à disposer des élections en maitre absolu.
L'on conçoit aisément que, pour atteindre ce but, le roi s'ingénie, en toute occasion, à restreindre le nombre des électeurs. — À Limoges, en 1470, des troubles assez graves se produisent. Une commission extraordinaire, envoyée pour rétablir l’ordre, déclare que tout le mal provient «des gens de petite réputation » c'est-à-dire des artisans qui sont admis à participer aux élections et ne choisissent que des conseillers incapables. Aussi une ordonnance vient-elle restreindre le droit d'élection à cent notables, qu'on appelle
les « Centenaux » ; par la mème occasion, aux douze consuls
Parlement de Toulouse, qui enfreint les statuts et les privilèges de la ville (Arch. mun. de Montpellier, 4rm. À, Cass. 22, no 25).
1. En 1467, les syndics et bourgeois de Die, craignarñit que leurs anciens privilèges ne soient violés, demandent au roi d'instituer des « conservateurs de leurs libertés ». Louis XI confie cet office au gouverneur du Dauphiné et au sénéchal de Valentinois et Dyois (Bibl: Nat., ms. fr. n° 6974, fo 243).
2 Arch, du Parlement, B 6, R 7,
on substitue sept échevins, que le maire devra choisir sur une liste de douze candidats, présentée par soixante-quinze pars. Le résultat le plus clair de cette réforme, c’est qu'en 1476 le roi dispose à son gré de l'office de maire, au grand mécontentement des habitants !.
Souvent 1l veut imposer aux villes ses candidats. En 1461, gner comme maire, pour une période de trois ans, Philippe de Morvilliers, son
1l ordonne aux bourgeois d'Amiens de dési
conseiller et échanson. Pour conserver l'apparence d’une élection libre, l'échevinage dresse une liste de trois candidats, en tête de laquelle on inscrit le nom de Philippe. D'ailleurs, au bout d’un an, ce personnage donne sa démission ; le roi revient alors sur sa décision : il établit que désormais l'échevinage sera renouvelé chaque année et que l'on se conformera aux anciens usages”. Cependant en mai 1471, peu de temps après la reprise de la ville, il désigne encore le maire : les habitants éliront Jean du Caurroy*. À Abbeville, Jean Maupin, nommé maire en 1476, est révoqué par le corps de ville, parce qu'il a accepté l'office de contrôleur du grenier à sel du comté de Ponthieu. Louis XI exprime son mécontentement ; les Abbevillois lui présentent les privilèges de la ville : il exige cependant que Jean Maupin soit réintégré dans ses fonctions. Puis, peu de temps après, il
permet au nouveau maire de reprendre son office: il a voulu
1. Le roi donne cet office à vie à Francois de Pontbriant ; celui-ci nomme un sous-maire, Lachosne Breton, qui commet mille exactions et réduit à néant tous les privilèges de la ville : les habitants protestent, mais eu vain : ils n'obtiennent satisfaction qu'à la mort du roi. — Cf. Leymarie, Le Limousin historique, Limoges, 1837-39, €. IT, p. 515 et suiv., et Æistoire du Limousin, t. IT, p. 404 et suiv.