J. Quicherat, Procès, {II, p
4. Reg. municipaux de la ville de Tours, t. XXV, fol. 167 v° (cité par Thibault, P. 110-111).
Mais avant de voir se réaliser la brillante fortune qui lu a été annoncée, le dauphin Louis peine et travaille déjà. 11 a pour précepteur ce « sage homme » qu'est Jean Majoris, maître ès arts, licencié en droit et théologien, l’ami de Jean Gerson et du savant Gérard Machet, le confesseur de Charles VII. Majoris est un excellent latiniste, un bon et exact logicien, ardent défenseur des droits de la couronne de France et de son Église’. C’est le docte chancelier de l'Université, Jean Gerson, qui a tracé le programme de l'éducation du petit prince *. |
11 réglemente à la fois le maître et l’élève. Le maître doit avoir plus en vue que le salaire de son labeur, le royaume de Dieu et sa justice. I] lira surtout à son élève les livres en français;, car il faut lui éviter tout travail odieux. Plus que des châtiments, il lui infligera des réprimandes. Que le dauphin apprenne les noms des saints, qu'il connaisse leurs actes et leur légende; qu'il sache bien que la fin de l’homme est la vie future et que tous, pauvres et riches, puissants et rois, sont d'une même condition. Et Charles VII achète pour son fils des manuscrits bien écrits et richement enluminés*. Car la merveilleuse librairie de Charles V est demeurée au Louvre, confisquée par le duc de Bedford. Et Jean Majoris donne à son élève son premier À B C, lui fait apprendre par cœur les sept psaumes de la pénitence jusqu’à ce qu'il puisse suivre les offices dans les livres d'heures. Maître Jean d’Arcouville est adjoint à Jean Majoris. Louis étudie son Catonei, c'est-à-dire la grammaire. Et, sans doute, il prend connaissance des devoirs du roi, comme ils sont définis dans l’Enseignement des princes de Gilles de Rome, où il y a tant de souvenirs de la politique d’Aristote . Mais le petit Louis surtout s'intéressa à la vie des saints, à l’histoire de France,
. Notice d'Étienne Charavay, Lettres, 1, 350-374. : . Gersonii opera..., III, col. 235-237.
. Arch. nat. KK. 55 (cité par Thibault, p. 117).
. Bibl. nat., ms. fr. 126.
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comme elle est rapportée dans les Chroniques de Saint- Denis'. L'histoire est le bréviaire des rois, et Louis ne cessa jamais de lire ce bréviaire.
C'est un fait que, sur l’âge de dix ans, l’honnèête évêque, Jouvenel des Ürsins, celui-là qui avait exhorté son père à sorlir de son sommeil, tenait Louis pour un enfant « saige et bien morigéné*® »;, autant dire que Louis fut un enfant aimant à s’instruire. Nous le verrons par la suite lire facilement le latin*, ce qui n’était pas le fait de tous les rois, parler un aussi clair français que celui de ses nourrices,annoter de son écriture, grande et volontaire, les dépêches des ambassadeurs «auxquels il saura bien répondre sans intermédiaire. :
Mais c'est Guillaume d’Avaugour‘, baïlli de Touraine, qui lui enseignera à tirer de l'arc, à manier l’épée et la lance. Car un futur roi ne doit pas être un clerc lettré.