‹ Louis XI. Tome premier: Le dauphinChapitre 53 sur 129 · Journal d'unibourgeois de Paris, p · texte numérisé non relu

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Comme les autres, le roi Charles devait se préoccuper de trouver de l'argent; car la guerre, et même la victoire, n'enrichissent généralement pas. Il était, en ce temps-là, préoccupé des préparatifs d’une expédition projetée contre les Anglais de Guyenne qui se montraient remuants. Emmenant avec lui le dauphin, le roi Charles gagnait le Poitou pour y « recouvrer finances ». Il ne fut pas très heureux dans ces provinces de l'Ouest à cause de la disette dont souffrait la contrée. Le prix des vivres était aussi élevé que partout ailleurs’. Les États de Saintonge refusaient la contribution de guerre. Et Jean Majoris, le confesseur du dauphin Louis, qui était parfois son intendant, devait remontrer au roi qu'il ne pouvait plus assurer la dépense du service du jeune prince; Charles VII dut doubler ses gages *.

Charles et Louis regagnent alors la Touraine; et Louis passe le reste de l’année 1438 en Berri*. Tandis que l'Assemblée générale du clergé se réunit à Bourges, Louis a le temps de méditer sur les besoins de la France, sur les remèdes qui pourraient être apportés à la situation. Les quelques billets que nous possédons de lui, datant de cette époque, montrent ce qu'il sera par la suite : un homme précis, qui sait parler avec fermeté et simplicité“.

. Perceval de Caugny, p. 248-249-2572.

. Lettres, 1, p. 168-169.

. Beaucourt, III, p. 56-57.

. lettres, 1, p. 1-2.

Dans les premiers jours de l’année 1439, toujours en n compagnie de son fils, le roi Charles reprend la série “ae ses voyages. Il a résolu de gagner le Languedoc où le mauva état des affaires s'aggravait. Le » mars, il faisait son « Re Limoges '. Charles descend au château de la Bonardiè Louis reçoit l'hospitalité de l'abbé de Saint-Martial. ao donne la plus belle chambre du couvent. Dans la pièce »v sine, Louis a logé la petite lionne de huit mois, prése nt de Tanneguy du Châtel, qui faisait ses délices. Mais une nuit, voulant sauter par la fenêtre, elle se trouva étranglée. Louis

en est tout dolent. 24 On visite naturellement la ville. Louis assiste à l'Assen blée des États généraux du Limousin que préside son père re : il contemple, avec lui, le chef du bienheureux saint. Ma arlial. Sur la demande de son physicien, Guillaume Leothier, Louis intervint en faveur d’un certain frère, Guy de Phélines, injustement dépouillé de l'office de la pitanceries Par Saint-Léonard, le dauphin gagne Saint-Symphorien o ù il demeure quelque temps chez un notable bourgeois, Guillaume Piédieu. Il va saluer son père à Guéret: il gagne Riom où se tenaient les États d'Auvergne, enfin le Puy pour l'ouverture des États de Languedoc. C'est, sur les pitons, la visite au sanctuaire de la Vierge Noire où Charles VII aime ii pèleriner?; le roi préside les États de Languedoc, recevant les nombreuses doléances de ses sujets?. 1 4 Le Languedoc, une terre de conflits et de brouilles, est en ces Jours tombé dans une « extrême povreté ». Charles comprend qu'il doit intervenir d'urgence. Mais il ne juge pas à propos de s’y rendre, et il délègue son fils de QuINESS 1S comme lieutenant-général, en le faisant assister de seigneur rs

1. M. Ardant, Bullelin de la Société historique et archéologique du Limousin, UN, p. 55-65 et A. Leroux, Bibl, de l'École des Chartes, t. XLVI, p. 304-014; Beaucou rt, Le p. 58-60; Thibault, p. 186 et ss. :

s1Ée rte, le Livre de Podio, p. 250, | $. Dom Vaissète, X, col. 2147. (Doléances des États.)

et de prélats, ses conseillers. Le dauphin conservera auprès de lui ses gouverneurs et ses officiers. Ces dispositions prises, le roi Charles poursuit son voyage en se dirigeant vers Lyon *.

Enfin, Louis a un vaste domaine à administrer, avec ses quatre sénéchaussées de Toulouse, de Carcassonne, de Beaucaire et de Béziers?. Entreprise difficile, dans ce Languedoc affligé alors de tant de maux, peste, inondations, payements des subsides royaux, et qui est rançonné par les gens de guerre licenciés. Les églises se disputent entre elles ; Rodrigue de Villandrando est une perpétuelle menace; Comminges et Armagnac sont en litige,et les Anglais demeurent toujours menaçants en Guyenne. A toutes les doléances des États, le roi Charles avait seulement une réponse: le dauphin y pourvoira*.

On l'attend comme un sauveur. Louis est jeune, mais on Je sait très courageux, et si vif d'esprit.

Le 17 mai, le dauphin Louis faisait son entrée dans la rouge cité d'Albi“. Il s’avance sous un dais de drap d'or, accompagné de plusieurs évêques, du vicomte de Lomagne, du sénéchal de Rouergue, et d'autres seigneurs. La ville est tendue de tapisseries; et des cortèges d’enfants, portant des pennons et son étendard, l’accompagnent. Louis boit le vin fort du pays. Le 25 du même mois, il fit son entrée à Toulouse* où les capitouls, à cheval, le reçoivent, le conduisent à Saint-Sernin et font des cadeaux à ses fourriers. Tous ces dons sont les bienvenus. Toulouse octroie 2000 écus; Beaucaire et Carcassonne veulent participer à la charge de sa dépense. Et Louis, qui sait déjà la puissance de l'argent,

Beaucourt, IL, p. 60-61.

. G. Dupont-Ferrier, Les officiers royaux des bailliages, Paris, 1908.

. Dom Vuissète, X, col. 2144-2147.

. Arch. unidiodles d'Albi, AA 3, CC 188 (ct. Thibault, p. 193-194).

5. Arch. municipales de Toùlouse. Comptes de 1439, cités par Thibault, p. 194; Dom Vaissète, IX, col. 1133-1134.

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