‹ Louis XI. Tome premier: Le dauphinChapitre 82 sur 129 · PARMI LES ÉCORCHEURS · texte numérisé non relu

PARMI LES ÉCORCHEURS

æœuemestre, s’'avançaient à leur rencontre. Les Armagnacs courent sur eux, et les Suisses n’ont que le temps de se jeter dans la maladrerie de Saint-Jacques, de se retrancher derrière les murs du jardin, tandis que leurs compatriotes, sur les bords de la Birse, sont égorgés jusqu’au dernier.

Dans la maladrerie de Saint-Jacques, ce fut un carnage. L'artillerie française en a ruiné les murs, et trois assauts des Armagnacs maîtrisent les vaillants montagnards. Quelques Suisses se sont barricadés dans une vieille tour. On y met le feu : Armagnacs et Écorcheurs trouvent la mort dans un furieux corps à corps, étouffés par la fumée. Ainsi les confédérés tombent glorieusement, jusqu’au dernier, fidèles à la parole qu’ils avaient prononcée la veille : « Nous baillerons nos âmes à Dieu et nos corps aux Armagnacs'. »

Ce fut un horrible champ de bataille. Les corps de huit mille Armagnacs couvraient la terre, et on les emportait dans les maisons voisines pour les brûler.

Le soir, comme les Écorcheurs revenaient dans les villages d’Esch et de Pleffingen, quelques-uns d’entre cux s’arrêtèrent devant le château de Jean de Thierstein. Un trompette se détacha du groupe et se mit à sonner. El Thierstein, attiré par le bruit, demanda aux gens de guerre ce qu'ils voulaient, à une heure si tardive. Le trompette répondit : « Nous avons lutté et combattu tout le jour. » Thierstein reprit : « Qui est vaincu ? » Le trompette : « Les Suisses sont défaits. » — « Combien des vôtres sont morts ?» Le trompette : « Jusqu'à quatre mille. » |

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