Bibl. nat., ms. fr. 6758, fol
trahison et de lèse-majesté (7 septembre 1470)!. Le chef d’accusation portant sur les relations de Jean V avec le roi d'Angleterre est admis par la cour. Et l’on chante, au nord des. Pyrénées, la chanson qui débute par ces vers :
Canaiïlle d'Armignac ! comme a pogut soffri La vengüe de France del comte Dampmarti…
Une année plus tard, Jean V eut l’audace de rentrer en France et de se jeter dans Lectoure. Une nouvelle expédition fut commandée contre lui par les sénéchaux de Toulouse et d’Agenais et par Pierre de Beaujeu. |
Jean V se prépare à la résistance. Lectoure est une place importante, à peu près inexpugnable : le comte d'Armagnac espère pouvoir y tenir longtemps. On parlemente. En échange de la reddition de Leetoure et des prisonniers, Jean V est sur le point d'obtenir la rémission générale de tous ses. méfaits, des garanties pour sa sécurité. Mais tandis qu'on s'explique, il y a une rixe dans la rue. Un gentilhomme gascon a planté, par manière de défi, la bannière de Ruffé de Balsac devant les fenêtres du comte. Jean V est descendu au bruit. Guillaume de Montfaucon entre dans Ia rixe avec ses francs-archers; l’un d'eux, Pierre le Gorgias, s’avance et. frappe en pleine poitrine le comte d'Armagnac.
Ainsi le roi Louis triomphe, favorisé par un heureux hasard.
Ce n’était pas entièrement fini avec la rébellion des provinces du Midi. Car le roi Louis a encore à régler l'affaire du cadet de Jean V, Charles d'Armagnac, qui avait provoqué des désordres et des brigandages dans ses domaines du Rouergue. Le roi fait dresser une liste très longue de griefs où rien ne manque : exercice de droits régaliens, insultes et violences à l'égard des officiers royaux, pillages de nobles, de gens d'Église et de manants, embuscades, crimes de fausse monnaie, viol et sodomie.
1. Lenglet du Fresnoy, Preuves, II], p. 141. Voir sa protestation, p. r49, 150.