Séjour entre le 28 septembre et le 8 octobre
3. Chastellain, IV, p. 360. — Il faut rappeler que les Flamands étaient habitués à considérer leur prince dans un grand faste. Les Français étaient plus simples. Mais on vient de voir qu'à Abbeville la fête avait été cordiale et assez brillante.
Que ces mots le touchent peu, le pauvre chasseur qui porte une couronne qui vaut des millions d'or sous un chapeau de six gros! Il est revêtu de sa gloire; il vient de satisfaire sa passion de paysan qui est la terre, la terre de France qu’il rachète. Quand il gagne le château, Louis a ordonné aux troupes de faire silence. Aucune parade chez lui; mais tout de même un cortège princier l'accompagne, comme il convient à un roi..
À Hesdin, le roi Louis accueillera l’ambassade du roi d'Aragon qui lui demande secours contre ceux de Barcelone, l'écuyer du duc de Danemark, et enfin les délégués des Anglais qui viennent lui faire ratifier la paix *?.
C'est le duc de Bourgogne qui les introduisitet les présenta au roi. Louis se répand en belles paroles, en flatteries qui ne sont guère sincères : « Beaux oncles m'est aujourd’hui tout mon royaume. Ce m'est le tout effort et valoir de ma chevalerie, et le derrain (dernier) donjon de mon trône, en qui tout je me confiei.» |
Il assure que Philippe est son père, et plus que son père. L'évêque anglais fait en latin un petit discours. Louis loue sa manière de parler. Il demande des nouvelles du roi Édouard et déclare tout haut qu'il lui veut beaucoup de bien, malgré qu'il soit l'ennemi de son cousin germain, le roi Henri. Il le nomme un gentil prince; il se dit à son commandement. Les Anglais sont assez étonnés; mais ils emportent aussi l'impression que le roi Louis est trop poli pour être honnête, que c'est un.homme dangereux dans les figures si diverses qu'il sait prendre t.
Comme il arrive, ces conciliabules n’ont apaisé personne.