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Chacun s’est regardé dans les yeux, remarquant ses propres . défauts. Les Français sont plutôt humiliés par le faste des Bourguignons. Philippe est furieux contre le seigneur de GCroy et lui a dit : « Croy! Croyl on peut mal servir deux maïistres à gré. Vous pourvoyez toutes vos gens,et les miens demeurent derrière. Qui n’est vostre parent, et de vostre amistié, il n'aura riens!! » | | Mais Louis a tiré des griffes du duc de Bourgogne les villes de deçà la Somme : Saint-Quentin, Amiens, Doullens, Montreuil, Rue, Saint-Valéry, le Crotoy, Crèvecœur-en-Cambraisis et Mortagne. Philippe a perdu une partie de la noblesse qui lui donnait tant de gens d'armes. : Louis cherche à gagner le cœur de ses gentilshommes picards. Il parle doux. Mais les Bourguignons sont de plus en plus en défiance. Ils savent bien que le roi Louis sera maintenant le plus fort. Et quand il entre dans Amiens, le’ 9 juin 1464, c’est un triomphe. Le chancelier, Pierre de Morvillier, dont le père était d'Amiens, protégeait la ville où Louis, dauphin, avait été gracieusement accueilli. Les échevins ont délibéré de se porter au-devant de lui, de lui mettre dans la main les clefs de la ville. Les maisons seront tendues de drap, « le mieuls et plus honnestement que faire se porra, et seront fais parmy lesdites rues de beaux mistères sans parler ». On présentera au roi douze pipes de vin et six bœufs. On prépare les torches et les falots. Les gens d'Amiens s'inquiètent des privilèges à obtenir et de la date de l’arrivée du roi. Mais Monseigneur le chancelier, leur ami, ne peut les renseigner : «car quant il plaisoit au roy de prendre un chemin, il le prenoit, et quant il luy plaisoit il le laissoit ». Et Pierre de Morvillier ajoute que « ils luy feissent les honneurs et reverences qu'ils avoient accoustumé faire aux roys quant ils venoient en ladicte ville, non pas trop grandement, car il ne quéroit point tels choses; et bien conseilloit que on luy feist