Ibid., fol, 4r. — 9. Ibid., CC. 45, fol. 105 v
à la miséricorde, fit conduire en charrette Quingey à Notre- Dame-de-Cléry où il lui rendit la liberté'. C’est le temps aussi où le roi délivra Balue?.
Tout cela indique une justice rigoureuse, des mesures énergiques prises contre des suspects, des traîtres ou des prisonniers de guerre dangereux. Ce temps est dur et cruel. La trahison est partout. Rien ne montre ici, tout au contraire, une cruauté particulière du roi Louis. Voilà cependant ce qui est à la base de la légende sinistre du Plessis.
Mais c’est un fait que les gens de Tours n'avaient plus le même accès qu'autrefois auprès de Louis.
Le roi n’était pas toujours enfermé, comme on l’a dit, au Plessis. Il se rend en Orléanais à la fin du mois de mai 1482. Il passe l'été à Cléryf, dans sa petite maison où il à une vigne, près de sa chère église et de l’image vénérée de
1. Arch. com. de Tours, CC. 45, fol. 108. Au mois de décembre 1482, Louis lui concédera un don de terres et il fera de lui un bailli de Troyes (Lettres, X, p. 48).
2. En 1483, il est question de l'envoi d'un prisonnier, Pierre de Clerc, Breton, marié en Angleterre et demeurant à Toulouse, un suspect (Arch. com. de Tours, CC. 46, fol. 83 v°), puis d’un Anglais, Philippe Gaudriel (Zbid., fol. 84).
3. Aux Forges, au mois de janvier 1480, on voit qu’il fait délivrer une lettre de rémission pour Pierre Hug, habitant de la Canne d’Albigeoïis au diocèse de Castres, accusé d’avoir mal parlé du roi et déclaré, quand la noblesse de Carcassonne fut mandée pour aller en Roussillon, que « le roy estoit un folastre, que son cheval portoit tout son conseil avec luy... qu'il avoit ruiné le Dauphiné et qu'il ruineroit le royaume ». Le suppliant fera un voyage à Notre-Dame de Liesse et y fera dire une messe (Arch. nat.,JJ. 208, n° 63. Analysée par Le Grand, ms. fr. 6987). — Au mois de novembre 1480, une autre lettre de rémission est délivrée à Fabien Duselne, demeurant en la paroisse de Queurmont en Limousin, qui avait dit que depuis que Louis régaait « n’avoit plus de bon temps et qu’on en aurait plus tant qu'il vivrait » ({bid., n° 84). — Au mois d'avril 148r, une lettre de rémission, datée du Plessis, est encore délivrée à Marc des Quars, prêtre, demeurant à Saint-Junien, qui avait mal parlé du roi (/bid., n° 111). — Au mois de décembre 1481, lettre d'abolition pour Jean Thiboutot, prisonnier à Arques et chargé de gros fers dans une étroite prison, accusé d’avoir mal parlé du roi, ce dont il se défendait (Arch. nat., JJ. 209). — Au mois de septembre 1477, le roi avait accordé au comte d'Angoulême de pouvoir délivrer, à chaque entrée dans une ville de son domaine, les prisonniers, sauf les criminels de lèse-majesté (Bibl. nat., ms. fr. 6984, fol 399).
&. Voir l'itinéraire (Lettres, IX, p. 230). — Sur les maisons du roi à Cléry, l’une en briques, l'autre en bois, voir À. (andilhon, op. cil., t. XXI, p. 4-5.
Notre-Dame. C’est là qu'il a voulu reposer, vivre comme un religieux. Conrad de Cologne, orfèvre, et Laurens Wrine, fondeur, ont exécuté sa statue en cuivre doré. Le roi est représenté à genoux, vêtu en chasseur, sur la tombe de pierre qu’il fait élever *. Elle est de biais. Ainsi il regardera la chère petite image de sa protectrice pour l'éternité. Louis est de plus en plus préoccupé de sa santé, de ses pieuses fondations. Il donne l’ordre au Parlement d’entériner ses lettres de donation de 1 500 livres de rente en faveur de l'église Notre-Dame-de-Salles, à Bourges, où l’on prie pour lui?; 300 livres à Mgr saint Gilles de Cotentin * ; fondation à Sainte-Marthe de Tarascon *; offrandes à Notre-Dame d’'Embrun et à Notre-Dame de Saint-Antoine de Viennois” ; don à Notre-Dame de Pitié à Tours. Louis demande à Laurent de Médicis si l'anneau qui a été remis à Mgr de Solliers, Forbin de Palamède, son gouverneur en Provence, est bien celui que saint Zénobe portait : « Quelz miracles il a faicts, et s’il a nul guéry, et quy, et comment il le fault porter’. » 11 veut savoir où se trouvent exactement le chef et le corps de saint Lazare à Autun ou à Avallon, comme il a fait enquêter sur les miracles de la vraie croix de Saint-Laud d’Angers®. Et il recommande pour une prébende au chapitre de Vienne Angelo Cato, son conseiller et médecin ordinaire 0, Puis le roi allait s’enfermer dans le Plessis. Car
1. Bibl, nat., ms. fr. 20 493; fac-sim., dans Mile Dupont, Commynes, III, p. 339- 343. Cette effigie demeura sur le tombeau du roi jusqu'à l'époque des guerres de Religion. La statue, qui est aujourd'hui à Cléry, représente Louis dans un manleau à fraise. Elle est l'œuvre de Michel Bourdin et date de 1622. Jetée dans une tourbière à la Révolution, elle fut remise en place en 18:16 (Ga:elle des Beaux-Arls, 1er janv. 1897).
:. Lettres, IX, p. 231. — 3. Ibid,, IX, p. 232.
h. Tbid., IX, p. 238. — 5. Ibid., IX, p. 238-239.