Commynes, II, p
4. Le 4 mars 1483, le roi avait demandé au chancelier de sceller du sceau du dauphin les lettres qu'il fait écrire au pape par le petit Charles, concernant l’abbaye de Saint-Ouca de Rouen (Bibl. nat., ms. fr. 6989, fol. 181).
d'éviter les entreprises dangereuses sur Calais. IL faut laisser les Anglais tranquilles. Le royaume a besoin de paix pendant cinq ans au moins. Il est grand et étendu, mais bien maigre et pauvre, foulé par le passage des gens d'armes. Pas de débat non plus au sujet de la Bretagne. Qu'on laisse en paix le duc François jusqu’à ce que Charles fût en âge de disposer des choses à son plaisir. La paix, la paix, telle sera la dernière pensée du roi Louis”!
Alors il fait remettre les sceaux à Charles par le chancelier, renvoyer à Amboise sa garde, ses archers, ses capitaines, sa vénerie et sa fauconnerie. Car la parole lui est revenue. Le roi donne des instructions à tous, en parliculier à Étienne de Vesc, premier valet de chambre de Charles, qui a nourri l'enfant. Pas une plainte sur lui, sur ses douleurs. Son corps se vide et il semble que sa tête s'éclaircisse”. Jean d’Arly, François de Paule et quelques gens d’Église se tiennent debout au pied du lit. Ils récitent les prières des morts. Le roi murmure l’invocation à la Vierge d’'Embrun : « Ma bonne maistresse, aidez-moi! » Il répète les paroles du Psalmiste, celles qu'il a fait peindre dans sa chambre : « In te, Domine, speravi, non confundar in æternum : misericordias Domini in œternum cantabo*. »
Louis passe, le 31 août 1483, à huit heures du soir. Et Commynes regarde la sainte Ampoule demeurée sur le buffet de la chambre :.
1. Commynes Il, p. 795. — Voir l'instruction donnée à Lagraulas pour restituer le Roussillon et la Catalogne au roi d'Espagne (Ch. Samaran). Le roi enjoint à Guillaume de la Mark de sortir de France ; il ne veut pas recevoir les envoyés de Ludovic le More (U. Legeay, II, p. 452).