‹ Louis XIII et RichelieuChapitre 44 sur 137 · MADEMOISELLE DE LA FAYETTE · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE DE LA FAYETTE

a plus d'un, rapport entre mademoiselle de la Fayette et la touchante la Vallière : toutes deux agréables plutôt que belles, douces autant que réservées, toujours ignorantes ou insoucieuses de leur crédit, puissantes sans l'avoir désiré, presque sans le savoir,, devant leur influence non à Fart ni à l'étude, mais au charme qu'elles répandent sans le vouloir, dépourvues l'une et l'autre de toute ambition personnelle et pourtant environnées de pièges, de dangers qu'elles fuient en se réfugiant au couvent et en s'efforçant d'y trouver la paix. Mais, si l'on estime la Vallière même quand elle succombe, tant elle reste séduisante dans ses défaillances, si on l'aime parce qu'elle a vécu renfermée tout entière dans sa passion à laquelle parfois elle cède, le plus souvent elle résiste; si on l'admire en la voyant passer des tourments d'un amour sans cesse combattu aux rigueurs volontaires d'une expiation courageusement subie durant trentesix années, combien plus suave encore doit apparaître l'image de mademoiselle de la Fayette, qui a aimé aussi tendrement le père que la première aima le fils, mais qui sut rester pure, et dont le cœur aussi tendre, aussi aisément entraîné que celui de la maîtresse de Louis XIV, fut efficacement défendu par une piété sincère, par une vive estime pour Louis XIII, par un profond respect pour Anne d'Autriche !

Venue à la cour en 1630 et à peine âgée de quatorze ans, Louise de la Fayette était restée pendant quelques années sans attirer l'attention; car, outre son extrême modestie, elle était brune, et, à cette

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