SON AFFECTION POUR LOUIS XIII
mais il ne trouvait pas en elle Famie à laquelle aspirait son cœur languissant. Mademoiselle de ta Fayette seule aima Louis XIII « comme il semblait vouloir Têtre, » ainsi que le dit madame de Motteville*, et lui put aimer non -seulement sans remords, mais encore sans le moindre trouble de Tàme, cette jeune fille qui, s'étant promis dès sa jeunesse de quitter un jour le monde pour le cloître,. ne se sentait pas ébranlée dans son dessein par la plus haute faveur et se préparait modestement, sans bruit, sans fracas, à suivre sa destinée, à abandonner la cour, à sacrifier sa jeunesse, sa beauté, les honneurs dont elle était comblée et aussi Tamour qu'elle commençait à ressentir pour le roi. Ce goût du sacrifice, cette abnégation admirable étaient d'ailleurs comme un lien de parenté entre mademoiselle de la Fayette et un prince que nous avons vu capable d'immoler ses inclinations à l'intérêt de l'État. Jamais liens spirituels ne furent plus étroits que ceux qui unirent ces deux âmes vraiment dignes de s'associer, dont l'une aurait donné le bonheur à l'autre, dont l'autre aurait assuré le repos et la tranquillité d'esprit de Louis XIII.
C'est parce que Louis XIII et mademoiselle de la Fayette étaient dignes l'un de l'autre, c'est parce qu'ils étaient également animés de l'esprit de sacrifice, qu'ils se séparèrent, et non, comme on l'a dit, parce que Richelieu, par ses intrigues, déter-
* Mémoires de madame de Motteville, collection Michaud, 2e série, t. X, page 33.