M. le Comte de Soissons
Lettre 478. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CCIX.)
I. Le Dauphin ressemblait à son père de bien des façons. II est curieux de noter cette opiniâtreté pour laquelle Louis .XIII avait été si souvent puni dans son enfance. — 2. En donnant plus de temps aux capitaines, qui offraient de lever des troupes, ceu.x-ci se présentaient en plus erand nombre. f b
au plus tôt. Sur mon état, j'y mets La Marine^ et La Meilleraye^ Mandez-moi, si je les comprendrai dans l'état ou non. Je garde encore la généralité de Rouen qui est très grande, dans le cas qu'il fallût encore augmenter les recrues et par-dessus celle d'Alençon.
Louis.
M. de BuUion ne faisant état que de donner levée seulement pour 8000 hommes, par ce moyen nous trouvons de quoi en lever 10900, parce qu'on ne donne aux capitaines que 2 écus par homme et qu'aux autres levées des généralités, M. de BuUion a fait état de donner 4 écus.
Voici le projet que j'en ai fait : A Picardie % 10 compagnies d'augmentation, Champagne idem, Rambures 9 compagnies, La Meilleraye 10 compagnies par levées des généralités ; dans Paris 2000 hommes, généralité de Paris i 000 hommes, Châlons 600 hommes, Soissons 400, tout cela ensemble fait le nombre de 10900 hommes. J'ai donné les lieux d'assemblée en chaque généralité; j'ai nommé ceux qui iront faire les levées; j'ai fait les routes pour se rendre à Amiens, et tout cela sans que Desaire, qui n'est pas ici, s'en soit mêlé.
Nous aurons 400 hommes prêts à Paris, le 14 ou le 15 de ce mois ; c'est pourquoi il est nécessaire d'envoyer 6 officiers en ce temps-là à Paris pour les conduire. Picardie étant le premier régiment, il me semble qu'on doit commencer par lui.
Je ne manquerai pas de vous donner avis de temps en temps de l'époque et des lieux oij il faudra envoyer les officiers pour quérir les recrues. J'ai donné à Tubœuf tous les lieux d'assemblée et le menu de tous les ordres pour les porter à M. de Bullion, auquel je vais enjoindre de vous les faire savoir. Je l'eusse bien fait ; mais mon frère, qui vous rendra cette lettre, étant pressé de partir, je n'ai pas voulu l'arrêter plus longtemps. Je vous recommande votre santé.
Louis.
(Septembre 1640)'.
Vous ferez presser les maîtres de camp de Piémont' et de Champagne ■ de m'envoyer ceux qu'ils me doivent nommer pour les compagnies que je leur ai accordées. Il y a un lieutenant de Picardie^ qui a épousé une femme très riche ; il se
3. Les régiments de la Marine et de La Meilleraye, Picardie, etc.
Lettre 479. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CCX.)
I. Probablement de Saint-Germain. — 2. Les régiments de Piémont, Champagne, Picardie, etc.
nomme Blancofort et serait, je crois, bien propre à faire une compagnie. Ce lieutenant est à l'armée du Hallier', lequel m'a souvent parlé de lui.
Je pense faire marché pour une quantité de mèches ; ils m'ont demandé huit jours pour voir le nombre qu'ils pourraient fournir. Ils me la bailleront à 3 sols au maximum. Ce sont des marchands de toile qui demeurent à Senlis S et très solvables. Ils sont allés visiter les lieux où ils espèrent prendre les chanvres.
Les intéressés demandent de pouvoir acheter dans les marchés tous les chanvres propres h faire des mèches au même prix que les autres marchands les prendraient en présence des juges du pa\s. J'ai vu une épreuve de la mèche qu'ils veulent donner; elle est bien meilleure que celle de Hollande". Je n'ai reçu que ce
matin toutes les commissions pour les compagnies.
Louis.
Saint-Germain, 9 septembre 1640.
J'envoie à M. de Bullion votre mémoire pour lui faire voir que vous avez entendu 8000 hommes effectifs, et non pas 8000 hommes en tout. Je crois que vous aurez vu que par le moyen des compagnies, la levée va jusques à 10900 hommes; si vous trouvez que ce ne soit pas assez, nous en ferons davantage.
Je vous ai déjà écrit sur les compagnies d'augmentation de La Marine et la Meilleraye, lesquels j'ai mis sur l'état pour 10 compagnies de recrues pour chacun; vous donnerez les ordres qu'ils se fassent promptement. Je n'ai point encore eu les nominations des deux compagnies que j'ai données au mestre de camp de Champagne ; tous les autres me les ont envoyées, et travaillent déjà à leurs compagnies.
Je ne saurais vous dire la joie que j'ai que vous soyez sorti de ce méchant air d'Amiens. Le comte de Guiche ' a très bien fait de loger les compagnies des gardes au long de la rivière de Somme ; autrement les ennemis eussent pu faire des courses jusque vers Chaulnes. J'ai averti le chevalier du Guet^ de tenir des chambres prêtes pour ces messieurs qu'on lui doit envoyer.
3. François de l'Hôpital, seigneur du Hallier, dont il a souvent été question au cours des années précédentes, né en 1583, d'abord ecclésiastique, puis militaire ; il était à cette époque lieutenantgénéral et commandait en Lorraine où il était chargé de négocier avec le duc Charles. Il fut nommé maréchal de France en 1643 et mourut le 20 avril 1660. - 4. Senlis, vieille ville royale dans les environs nord de Paris, chef-lieu d'arrondissement de TOise.
5. Il s'agissait encore de la mèche à canon ; on voit tout le soin qu'apportait le roi à cette importante question. .\vec des mèches irrcgulières ou «éteignant constamment, il était impossible de faire feu. et la meilleure artillerie pouvait en être paralysée.
Lettre 480. — Archives de Chantilly.
I. Antoine de Gramont, comte de Guiche, avait épousé une parente de Richelieu. Il commandait un corps de troupe en Picardie, et fut nommé maréchal au mois de septembre de l'année suivante. — 2. Le chevalier du Guet, sorte de préfet de police, avait reçu l'ordre du roi de préparer des logements pour les mécontents, dont Louis XIII avait décidé l'arrestation.
Je suis très mal satisfait de mon fils^; dès qu'il me voit, il crie comme si il voyait le diable, et crie toujours à maman; il lui faut faire passer ces méchantes humeurs, et l'ôter d'auprès de la Reine le plus tôt qu'on pourra.
J'ai pris médecine ce matin, qui a fait merveille ; je crois que j'en suis quitte
pour cette fois. Je vous recommande votre santé.
Louis.
J'ai répondu à votre mémoire en marge, lequel je vous renvoie.
Saint-Germain, lo septembre 1640.
Je VOUS remercie du soin que vous avez de moi. Je me porte très bien à cette heure. Votre gentilhomme m'a trouvé à la chasse dans la forêt. J'espère en être quitte pour encore une médecine.
J'ai trouvé l'état que vous m'avez envoyé de la distribution des recrues si bien fait, que j'ai donné tous mes ordres sur celui-ci ; c'est pourquoi nous en demeurerons là sans plus changer, parce que les changements pourraient apporter de l'embarras et du retardement.
Je vous recommande d'avoir soin de votre santé.
Saint-Germain, 11 septembre 1640.
Je vous envoie le projet que j'ai dressé sur le vôtre pour la distribution des recrues; vous verrez dans le projet le temps et les lieux où il faut que les officiers les aillent prendre ; il faut pour chaque centaine d'hommes un officier pour les conduire.
Je n'ai su gagner avec M. de Bullion d'aller jusqu'au dernier nombre que vous m'avez mandé, me disant que si j'en prends davantage et sur d'autres élections' que sur celles que j'ai déjà prises, les quartiers d'hiver demeureront; faudrait voir sur la généralité d'Amiens si on pourrait faire quelque chose ; je n'ai encore que
3. Louis XIII commençait à se rendre compte que c'était de l'influence de la reine Anne d'Autriche et de son entourage que provenait la mauvaise humeur, à son égard, du Dauphin alors âgé de deux ans.
Lettre 481. — Archives de Chantilly.
Lettre 482. — • Archives de Chantillj'.
1. La France était divisée en pays d'élections et en pays d'États.
27 compagnies d'arrêtées et ai très grand'pcine à trouver le reste, parce que je ne veux point de fretin, et veux tous honnêtes gens.
Je me porte assez bien aujourd'hui, mais toujours dans la mélancolie ^ Je vous recommande d'avoir toujours soin de vous.
Louis.
Saint-Germain, i2 septembre 1640.
J'ai entretenu celui que le marquis de Brézc ' a envoyé; cette action s'est passée avec beaucoup de courage, d'avoir attaqué et battu un si grand nombre de vaisseaux avec un nombre si inégal. iMenillet m'a dit que votre neveu ' y a fait merveilles ; il est de trop bonne race pour faire autrement.
Je trouve très bon que l'armée rentre dans les ports, excepté les 3 vaisseaux que vous êtes d'avis qui demeurent en mer pour garder la côte.
Pour changer de discours, je vous dirai que mon fils demeure toujours en aversion contre moi, comme il a accoutumé. Je me porte très bien.
Louis.
Cette lettre et la suivante montrent que la question du Dauphin était bien terminée; elles donnent des détails bien curieux sur la vie intérieure à la Cour.
M""^ de Lansac était l'ancienne dame d'honneur de la reine Marguerite de Valois, première femme de Henri IV. Comme elle n'avait jamais été près des reines '< étrangères .> .Marie de Médicis et Anne d'Autriche, et qu'elle s'était toujours comportée honnêtement, elle inspirait grande confiance à Louis XIII.
Saint-Germain, 13 septembre 1640.
Je vous écris ce mot pour vous dire que, par l'adresse de M"»-- de Lansac', mon fils m'a demandé pardon à genoux, et a joué avec moi plus d'une grosse heure. Je lui ai donné des babioles pour se jouer ; nous sommes les meilleurs amis du monde.
2. Comme on le verra plus loin, cette mélancolie provenait des inquiétudes sur le Dauphin et disparut lorsque tout fut remis en ordre.
Lettre 483. — Archives de Chantilly.
I. Le marquis de Brézé, beau-frére de Richelieu, et son fils le jeune Brézé.
Lettre 484. — Archives de Chantilly.
1. Françoise de Souvré, liUe du maréchal de Souvré. gouverneur de Louis XIII ; elle avait épouse Artus de Saint-Gelais, sieur de Lansac.
38o LETTRES DE LOUIS XIII A RICHELIEU
Je prie le bon Dieu que cela dure, et qu'il vous donne longue, heureuse vie et
parfaite santé.
Louis.
Saint-Germain, 14 septembre 1640.
Je vous remercie des bons avis' que vous me donnez sur l'aversion que mon fils témoignait avoir contre moi ; grâce à Dieu, j'espère qu'il ne sera pas besoin de les exécuter.
Je crois que vous aurez déjà su par une lettre que je vous écrivis hier au matin comme le raccommodement s'était fait; depuis ce temps-là, il ne saurait durer sans moi; il me veut suivre partout; je lui fais toutes les caresses que je puis; je pense qu'un petit discours que je fis devant des personnes que je savais bien qui Tiraient redire, et l'adresse de M'""= de Lansac (de laquelle je suis satisfait au dernier point), n'ont pas nui à ce changement.
Le discours fut qu'il y avait des femmes auprès de mon fils, de quoi je n'étais pas satisfait, qui lui faisaient avoir peur des hommes, et que si ces mauvaises humeurs continuaient, je changerais tout ce qui le sert, excepté M'"<' de Lansac et deux femmes, et que je voulais qu'il ne vit plus que des hommes, et dis à Montignj' : « Si ces mauvaises humeurs durent à mon fils, vous changerez bientôt de garnison. »
Je disais cela pour faire connaître que je le pouvais bien ôter d'ici; même je m'enquis à M. Bouvard - sans dire pourquoi, qui était le meilleur air ou Chantilly ou Versailles.
Deux fois vingt-quatre heures après ce discours, ce que je vous ai déjà écrit arriva, et la bonne humeur lui revint. J'ai demandé à M'"'' de Lansac si elle n'avait point eu connaissance que quelque personne lui eusse rien dit pour lui faire venir cette aversion; elle m'a dit n'avoir rien connu.
Je crois que l'amitié qu'il me témoigne durera; mais en cas que cela changeât, j'en userai suivant les bons avis que vous me donnez ; je m'en suis trop bien trouvé jusques à cette heure pour en user autrement.
Je ne manquerai de faire ce que vous me mandez touchant M. le Prince % Tubatel et Schmitberg.
On ne pouvait faire un meilleur choix pour traiter avec le prince Thomas' que
I. C'était surtout de changer tout le personnel et d'ôter le Dauphin de Saint- Germain. — 2. M. Bouvard qui depuis douze ans était le premier médecin de Louis XIII.
3. M. le prince de Condé. — 4. Le prince Thomas de Savoie, frère du duc de Savoie et par conséquent beau-frère de Christine de France, sœur de Louis XIII, avait, comme on l'a vu, pris du service dans l'armée espagnole, et commandait un corps de troupes généralement dans les Flandres.
DU 13 SEPTEMBRE 1640 Reproduction grandeur n:iture de Toriginal conserve au musée Condé, à Chantilly.
/XL/ /^àki TTuyiCiJLit- pTtA
de M. Mazarin'; le plus tôt qu'il y pourra aller sera le meilleur. J'ai trouvé tous mes capitaines, à six près ; les recrues s'avanceiît de tous côtés.
Je me porte bien. Dès que la Reine sera accouchée*, j'irai à Compiègne pour m'approcher de vous. Ayez soin de votre santé.
Louis.
Ceux ^w pffur chf^ A Iftt^ rru3uuau <,'f*-«*
L'AROUEBUSADE
D'après Callot. — Cabinet des Estampes, Bibliothèque Nationale.
Saint-Germain-en-Laye, 15 septembre 1640.
Mon cousin, j'ai ouï dire que M. de Chàtillon ' voulait décamper d'Aubigny avant que tout ce qu'il faut jeter dans Arras - y soit entré ; je vous écris ce mot pour vous faire savoir que je désire que vous lui écriviez de ma part que je veux qu'il demeure àAubigny' jusques au ... de ce mois, autrement que j'aurais grande occasion de me plaindre de lui.
Celle-ci n'étant à autre fin, je finirai en priant le bon Dieu qu'il vous tienne,
mon cousin, en sa sainte garde.
Louis.
3. Mazarin que nousavons vu dès le début employé à des missions diplomatiques importantes, était de mieux en mieux vu par le roi et le cardinal. On apprenait à connaître sa souplesse, son ingéniosité et sa discrétion. — 6. On attendait la naissance de celui qui devait s'appeler d'abord le duc d'Anjou.
Lettre 486. — Archives de Chantilly.
\. Le maréchal de Chàtillon. — 2. On s'occupait de prendre solidement possession de l'Artois en commençant par Arras.
3. Aubigny en Artois, petite ville forte sur la Scarpe, au nord-ouest d'.Axras, chef-lieu de canton du département du Pas-de-Calais.
Versailles, i6 septembre 1640.
J'ai vu ce matin M. de Montbazon' et M. de BuUion; ils espèrent que les levées de Paris iront mieux à l'avenir ; il part demain 4 000 hommes pour la Picardie ; ils espèrent avoir dans cette semaine les autres 400 pour la marine. Vu l'état où me mandez que sont les ennemis^ je ne vois pas qu'ils puissent rien entreprendre cette année ; c'est pourquoi quand il ne s'en faudra que i 000 ou 1200 hommes que le projet des recrues ne soit exécuté, je ne pense pas qu'il en puisse arriver accident. Les compagnies que j'ai données les premières seront bientôt prêtes à marcher ; les autres travaillent tant qu'ils peuvent à se mettre en état.
M. Mazarin me vint hier au soir dire adieu ; il me dit qu'il partirait ce matin des la pointe du jour ; j'ai bonne opinion de son voyage.
Pour changer de discours, je vous dirai que M'"'-' de Lansac - a choisi pour sousgouvernante de l'enfant qui viendra M™"' de La Folaine, et l'a envoyée quérir où elle est pour cet effet. Je me porte bien. Je vous recommande toujours votre santé.
Louis.
Saint-Germain, 18 septembre 1640, 4 heures du soir.
Je viens de recevoir présentement votre dépèche par le baron de Palière ; pour vous faire réponse sur-le-champ, je commencerai par vous dire que je me suis trop bien trouvé de suivre vos avb jusques à cette heure pour ne vouloir continuer.
Il ne se peut mieux, que ce que vous avez écrit à M. de Châtillon, et, s'il veut des ordres plus précis, vous les donnerez comme vous le jugerez à propos, m'en remettant entièrement h vous.
Je vous recommande votre santé.
Lettre 487. — Archives de Chantill}'.
:. Le duc de Montbazon, gouverneur de Paris et de l'Ile-de-France. — 2. M™' de Lansac, ancienne dame d'honneur de la reine Marguerite de 'Valois et gouvernante du jeune Dauphin.
Lettre 488. — Archives de Chantilly,
Saint-Germain, 19 septembre 1640.
Depuis vous avoir écrit, j'ai pensé qu'il était nécessaire que je vous envoyasse un pouvoir pour M-. de Ciiàtillon ' de combattre en cas qu'il le juge à propos, me remettant à vous de lui donner ou ne lui donner pas, selon que vous jugerez le plus expédient pour le bien de mes affaires, sachant bien que je ne puis mieux faire que de me conformer à votre avis.
Je ne sus hier vous faire réponse sur le sujet du lieutenant au gouvernement de Corbie ", parce que je me trouvais mal ; je trouve bon que celui qui l'était à Marsal ^ le soit au dit Corbie.
Pour le gouvernement de Dinant", je ne m'engagerai à personne. Je ne me porte pas bien ; j'ai eu cette nuit un accès de fièvre avec frissons; j'ai peur de la tierce ; j'ai été saigné ce matin, ce qui m'a empêché de vous écrire plus tôt.
Louis.
Saint-Germain', 19 septembre 1640.
Je donne permission à mon cousin le Maréchal de Chàtillon, en cas qu'il trouve une occasion très avantageuse de donner un combat général, qu'il le fasse, me remettant du tout à son expérience et à son alTection à mon service.
Lettre 489. — Archives de Chantilly.
I. Le maréchal de Chàtillon. Voir ;l la lettre suivante le billet que Louis XIII avait envoyé à Richelieu pour le maréchal. — 2. La ville forte de Corbic-sur-Somme, si souvent mentionnée.
3. Marsal, place forte sur la Seille. en Lorraine, près de Chàteau-Salins et de Moyenvic, dans la partie de la Lorraine annexée à l'Allemagne. — 4. Dinant, place forte sur la Meuse, au nord de la frontière de Belgique.
Lettre 490. — Archives de Chantilly.
I. On remarquera combien le style de cet ordre officiel est différent du style familier employé avec le Cardinal.
Saint-Germain, 21 septembre 1640. 10 heures.
Je VOUS écris ce mot à la hâte, pour vous donner avis qu'il a plu au bon Dieu de me donner encore un fils*. La Reine n'a été qu'une heure en travail, et l'enfant se porte parfaitement bien. Je me porte bien".
Louis.
Saint-Germain, 23 septembre 1640.
J'ai été extrêmement aise d'apprendre, par la lettre que m'a apportée Tracy, que Arras' soit en l'état qu'il faut, et encore plus aise d'espérer de vous voir bientôt.
J'ai dit à M. de Chavigny mes pensées, qui vous les fera savoir. J'ai eu fort peu de douleur à mon pied cette nuit, mais je ne me puis encore soutenir dessus ; toutefois, j'espère être en état de ine rendre vendredi 28 de ce mois, pour le plus tard, à Compiègne, étant en très grande impatience de vous voir.
Louis.
Saint-Germain, 24 septembre 1640.
Vous saurez par Vaucocourt, qui est à ma sœur, la reddition de Turin ' ; il faut bien remercier le bon Dieu des grâces qu'il lui plait de nous faire et les bien reconnaître. Cavois vient d'arriver, qui m'a apporté de vos nouvelles.
Je me porte mieux de ma goutte ; j'espère, pourvu qu'elle ne me reprenne point,
Lettre 491. — Archives de Chantilly.
I. Le duc d'Anjou, appelé Monsieur, duc d'Orléans, frère cadet du Dauphin.— 2. Peut-être n'estce qu'un hasard, mais Louis XIII donne des nouvelles de l'enfant nouveau-né, de ses nouvelles à lui; contrairement à l'usage il n oublie » d'en donner de la mère.
Lettre 492. — Archives de Chantilly.
1. Que Arras soit mis en état de résister sérieusement. C'était la meilleure garantie pour rendre définitive la conquête de l'Artois.
Lettre 493. — Archives de Chantilly.