MORT DU CARDINAL DE RICHELIEU
Tous les historiens ont donné le récit détaillé de la mort du cardinal, suivie de près par celle de son maître. D'après les mœurs du temps, les principaux actes de la vie étaient à peu près publics, et la naissance, comme la mort des grands personnages, avaient lieu en présence d'une toule considérable. Tous les détails sont donc connus.
Le cardinal de Richelieu avait quitté, le 4 novembre 1642, son château favori de Rueil qu'il ne devait plus revoir, et était venu s'installer à Paris, au palais Cardinal, actuellement Palais-Royal, pour y être mieux soigné. Mais sa santé délabrée dépérit encore, et il mourut le jeudi 4 décembre 1642.
Sa mort tut digne de sa vie. Parmi ses dernières paroles on ne saurait trop citer celle qui résume sa carrière si bien remplie : " Je n'ai en d\iiitrc iiilciilioii que le bien de la Religion el de TElat. »
La douleur de Louis XIII fut immense. Ses premiers mots, dès qu'il eut appris la mort du cardinal, furent également dignes de lui et de l'ami qu'il venait de perdre. « Les ennemis de la France n'en tireront aneiin avantage ; tont ce qui est commencé se continuera. » Il rendit seulement la liberté à quelques embastillés, et laissa revenir quelques exilés, dont les mauvais desseins contre le cardinal ne pouvaient plus l'inquiéter.
Louis XIII passa dès lors le tiers de sa journée dans son Conseil. Ce surmenage et la médecine aidant, il fut à son tour à bout de forces, mais ne céda à la maladie qu'après avoir pris toutes ses dispositions, et tout préparé pour la gloire de la France.
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Daprès Mich. \'ax I.ocnoM.
Cabinet des Estampes, Bibliothèque nationale.
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Le 5 avril 164^. le Roi déjà affaibli se trouva tout à fait mal, et comprit que sa fin était proche. Il s'inclina devant la sentence divine, se bornant à demander à Dieu « iTahrcger h longueur de sa maladie ».
Il s'occupa de régler la question de la régence, et une de ses douleurs tut d'être obligé d'exclure l'incapable, mais toujours aimé, Gaston d'Orléans, et de confier la régence à la Reine Anne d'Autriche. Le 20 avril 1643, après avoir adressé quelques paroles à la Reine, à ses parents et à ses principaux officiers, il fit lire « la déclaration pour la régence et T administration du royaume ». Le 21, on baptisa son fils aîné, et il lui demanda après la cérémonie comment il s'appelait maintenant : « Louis XIV », répondit ingénument le Dauphin. " Pas encore », repartit le Roi en souriant.
La maladie s'aggrava, laissant à l'auguste malade toute sa connaissance. Le 10 mai, il appela prés de lui le prince de Condé et lui dit : <' Je viens de voir votre fils, le duc d'Enghien, en venir aux mains avec les ennemis. Le combat a été rude et opiniâtre. La victoire a longtemps balancé, mais elle est demeurée aux nôtres, qui sont maîtres du champ de bataille. »
Il s'éteignit le 14 mai 1643, anniversaire de la mort de Henri IV. Quelques jours après, la glorieuse victoire de Rocroi justifiait les préparatifs militaires du Roi, comme elle vérifiait ses prédictions, et terminait le règne en apothéose.