‹ Louis XIIIChapitre 35 sur 166 · L'ORTHOGRAPHE · texte numérisé non relu

L'ORTHOGRAPHE

Fallait-il, dans cette reproduction, conserver l'orthographe du temps, si différente de la nôtre, au risque de rendre la lecture fatigante et pénible ? On ne l'a pas pensé, jugeant qu'il valait niieu.v, tout en reproduisant mot pour mot, se servir de l'orthographe actuelle.

Ce long travail a été fait par y\. Maçon, conservateur du musée Condé, ou sous sa direction. Les lettres gardent ainsi toute la saveur du texte original et chacun peut les apprécier.

Il est intéressant de signaler ce que pouvait être l'orthographe d'une époque où l'Académie française n'existait pas encore ou commençait à peine .à fonctionner.

A première vue, cette orthographe parait très irrégulière; mais, après examen attentif, on remarque qu'elle est soumise à certaines règles, presque toujours observées, et dont quelquesunes feraient le bonheur des novateurs actuels.

Louis XIII écrivait, suivant ce qu'on appelle de nos jours, le mode phonétique, c'est-àdire qu'il reproduisait les sons, en omettant généralement les lettres inutiles. En outre, il applique certaines règles d'abréviation ou d'écriture espagnole, ce qui s'explique facilement, étant donné linfluence de l'Espagne à cette époque.

Louis XIII ne redouble presque jamais les consonnes, et, quand il le fait, on pourrait presque dire qu'il se permet une faute de son orthographe.

Il écrit ainsi :

Ataquer pour attaquer;

Enemi — ennemi;

Holande — Hollande ;

Soufrir — souffrir;

Lorain — Lorrain;

Aler — aller.

Abé — abbé, etc.

6o ECLAIRCISSEMENTS POUR LES LETTRES

L'S a toujours un son dur. et ne se redouble pas plus que les autres lettres :

Ruiseau pour ruisseau ; Ausi — aussi ;

Fusent — fussent ; Puisant — puissant ; Esayons — essayons;

Il redouble souvent une lettre en mettant un trait sur elle, comme on faisait au movenâge :

Come pour comme.

Home — homme ; Doner — donner.

Devant les lettres b etp il n'y a jamais que des ;/ :

Luxenbourg pour Lu.xembourg; Conbat — combat :

Tronpette — trompette.

La lettre h disparait dans l'écriture, quand elle est peu ou pas aspirée, soit au milieti, soit au commencement des mots :

Tomas pour Thomas; 1er — hier ;

Eure — heure.

Dans les mots qui commencent par une /; non aspirée, 17/ disparait après l'article qui se réunit au mot suivant :

Lomé pour l'homme ; Leure — l'heure.

Les voyelles a et e sont interchangées, quand leur prononciation est identique :

Fâme pour femme; Antrée — entrée.

L'y est employé généralement à la fin des mots : Vray pour vrai.

Mais, devant une autre voyelle, cette même lettre est suivie d'un ; :

Envoyiés pour envoyés.

Esayier — essayer.

Abayie — abbaye, etc.

Le son /// est représenté par ;'/ :

Meileur pour meilleur ; Faily — failly, etc.

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Certains mots sont écrits comme on les prononce : Exent pour exempt.

.1/ est remplace par (■ lorsque le son est c :

Plesir pour plaisir; \'eseau — vaisseau.

Le ^ a toujours le son Jur :

Longeur pour longueur.

5 ou r sont emplovés indifféremment lorsque le son est le même :

{^ert pour sert.

Se soir — ce soir.

Resevoir — recevoir.

Cuirase — cuirasse.

Il conserve Vs dans beaucoup Je mots d"où elle a disparu aujourd'hui, ce qui laisserait croire qu'elle se prononçait :

-\lesme pour même.

Par contre il la supprime si elle est muette Hedin pour Hesdin.

Enfin, il v a couramment des abréviations d écriture, qui rendent le texte fort diflicile à suivre pour ceux qui ne sont pas habitués :

Vtre pour votre :

.\fecn — atTection ; Asinaon — assignation.

Quelques mots de l'orthographe ancienne sont conservés :

Reprègne pour reprenne.

Mecredi — mercredi, selon la prononciation usitée encore dans 1 Ouest et ailleurs.

La signature royale est toujours Louis, et non pas Loys. Du reste, d'après Héroard, la prononciation des deux mots n'était pas la même. Car, dans les premières années de son enfance, comme il signait : Loys, Dauphin, on lui demanda " s'il s'appelait Loys ou Louis. »

Un jour, il est satisfait du tvpe de signature qu'il a trouvé, et dit : " J'ai fait un beau Louis ». Cette signature, facile à reconnaître, est celle qu'il emploiera toujours.

ECLAIRCISSEMENTS POUR LES LETTRES

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