‹ Louis XIIIChapitre 46 sur 166 · I.K A MARS · texte numérisé non relu

I.K A MARS

D'après le tableau de la Galerie du Château de Richelieu actuellement au Musée de Versailles, n" 609.

Étant arrive à la Chapelle-la-Reine ', Le Coigneux' arrive, qui me dit les alarmes que on lui avoit baillées; je lui baille toute sorte d'assurance (comme il est porté par votre mémoire"), dont il l'ut content. Ensuite je lui parle de vous comme vous savez; il me dit que mon frère avait beaucoup de choses à me dire sur votre sujet et que, après que je l'aurais ouï. il ferait tout ce que je voudrais. J'appelai mon frère et Puylaurens (sans que Le Coigneux leur eut parlé . .Mon frère me dit de mot à mot tout ce que Le Coigneux m'avait dit (pour iTKjntrer qu'il était concerté avant que de me venir trouver). Mon frère ajouta qu'il avait fait serment de ne me parler point d'atVaires ce voyage, et que h cause de cela il ne m'en voulait point parler à cette heure, mais quand j'auiais le loisir, il me dirait toutes ses raisons; nous nous séparâmes sur ce point-là. Ce matin à ma messe, je lui ai présenté M. de Nets; il m'a dit qu'il avait quelque intérêt sur cette affaire. Je lui ai dit que cela n'était point dans son apanage; il m'a dit que il ne m'en voulait parler à l'heure pour la raison que j'ai déjà dit ci-dessus.

Nous nous sommes séparés fort bons amis, mais j'ai peur que cela ne dure

guère.

Il s'en est retourné à Paris, et moi je suis venu coucher en ce lieu et ai fait 4 lieues à cheval, de quoi je me porte fort bien, Dieu merci. \'ous vous pouvez assurer que quand mon frère me parlera de vous, je vous soutiendrai comme il faut.

J'ai encore beaucoup d'autres choses à vous dire qui seraient trop longues à écrire, que je remettrai à vous dire de bouche quand je vous verrai; si ils pressaient je vous les écrirais, mais n'étant pas chose pressée je les remettrai comme je vous mande ci-dessus.

Assurez-vous toujours de mon atVection, et finirai en priant le bon Dieu qu'il

vous tienne en sa sainte garde.

Louis.

Versailles', 2 novembre i6jo.

Mon cousin, je vous fais écrire par le père Sutïren-' ce que Monsigot me dit hier.

,(. T.a t"hapelle-la-Reine. prés Fontainebleau, chef-lieu de canton du di-partement de Seineet-Marne.

5. Le président I,e Coigneux, nommé plus tard marquis de Belabre.

Lettre 21. — .\rehives de Chantilly.

I . Louis XIII se plaisait au château de Versailles et y venait souvent en déplacement de chasse. Son installation v est fixée par Héroard à la date du 2 août i6.'4: mais ce n'est que le 8 avril 1632 qu'il acheta définitivement la terre et seigneurie de Versailles à Jean François de Gondi. archevêque de Paris. — 2. Le P. Jean Suffren, jésuite, était confesseur du roi; il avait remplacé le P. Arnoux, que Luynes avait placé prés de lui. après avoir consédié. en 1617. le P. Coton.

Pour le premier point, j'ai connu par son discours que ces gens-là ont envie de s'accommoder.

Pour les autres points de la lettre, je vous expliquerai ceux que le père ne vous écrit pas assez au long: comme pour le logement de l'Arsenal ' Monsigot me dit que mon frère n'avait point de logis h cette heure, que M. de Bellegarde" venait, et qu'il ne savait où loger: il me proposa l'hôtel des Ambassadeurs (je connus que son dessin était, quand il serait dedans, de me le demander en don'.

Je lui dis que je voulais aller voir la Reine ma mère et que je faisais état d'y loger pour un soir. Il me proposa l'Arsenal pour un mois; je crus que je ne lui pouvais refuser, et lui accordai.

Il me dit que M. de Bellegarde m'avait demandé l'évéché d'Orléans pour Le Coigneux, et que ledit Coigneux en avait été fort fâché et qu'il n'y avait jamais prétendu ; je lui dis que .M. de Bellegarde ne m'en avait jamais écrit ni parlé.

Pour le reste, je me remets sur la lettre du père Suffren. Assurez-vous de mon affection, qui sera toujours telle que vous la pouvez désirer, et prierai le bon Dieu qu'il vous tienne en sa sainte garde.

(P. -S., sans date, d'une lettre perdue.)

Assurez-vous que je leur ai parlé avec grande affection de vous, leur témoignant que le plus grand plaisir que mon frère' me peut faire au monde et le plus grand témoignage d'affection qu'il me peut rendre était de vous aimer. Ils vous tiennent tout à fait ruiné dans l'esprit de la Reine ma mère^. qui est cause, comme je crois, que ils en font plus les renchéris.

Lovis.

Saint-Germain '. 6 novembre 1630.

Mon cousin, j'ai été très aise d'apprendre par votre lettre que vous serez ici demain, j'étais en grande impatience de vous revoir auprès de moi.

3. L'arsenal de Paris, où logeait le grand maître de l'artillerie, actuellement bibliothèque de TArsenal. — 4. Roger de Saint-Lary, duc de Bellegarde, grand écuyer de France.

Lettre 22. — Archives de Chantilly.

Page 1