URBAIN DE MAILLE, MARQUIS DE BREZE
MARÉCHAL DE FRANCE EN" 16,52; MORT KN 1650. Cabinet des Estampes, Bibliothèque Nationale.
1" février 1635 '.
Mon cousin, je vous envoie la lettre en notre langue, toute ouverte-, laquelle
Lettre 153. .Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(LXV.)
I. De Saint-Germain-en-Laye. — 2. Lettre avec des mots en jargon dont le reste était destiné à être chiffré.
i66 LETTRES DK LOUIS XIII A RICHELIEU
VOUS ferez fermer l'ayant vue et celle que vous m'avez envoyée, afin que vous
voyiez les mots que j'ai été contraint de changer n'étant en notre langue : j'en ai
ajouté quelques-uns, que nous n'aurions pas vus, lesquels sont marqués d'une raie
dessous. Je vous les envoie pour les envoyer h mon cousin le maréchal de Brézé%
et mettre en chiffre les mots français afin que, s'il était pris, on n'y connaisse rien.
Je me porte très bien et vous assurerai de mon affection.
Louis.
Saint-Germain, ce 2 février 1635.
Mon cousin, j'espère avec l'aide du bon Dieu et vos bons conseils que nos
affaires iront bien, et que nos ennemis ne viendront pas à bout de leurs mauvais
desseins. Je vous prie, quand vous saurez le particulier de ce qui s'est passé à
Philippsbourg', de me le faire savoir.
Loi:is.
Versailles, ce 23 février 1635.
Mon cousin, je vous envoie le chevalier de Bellebrunc pour vous dire l'état
auquel est Péronne', ce à quoi il faut remédier promptement. Je me porte bien,
Dieu merci, et vous assurerai toujours de mon affection.
Louis.
Senlis', ce l""^ mars 1635.
Mon cousin, comme Vaugeles est arrivé, j'allais envoyer un gentilhomme vers vous pour savoir de vos nouvelles, en étant toujours en peine. Je fais réponse à
3. Urbain de Maillé, marquis de Brézé, avait épousé la sœur de Richelieu. Veuf en cette année 1635, il mourut en 1650. Il avait été nommé maréchal de France en 1632.
Lettre 154. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-{LXVI.)
I . Philippsbourg, place forte sur le Rhin, dans le Palatinat. Le gouverneur français de cette place, Arnauld de Corbeville, s'était laissé surprendre par les Impériau.x dans la nuit du 23 au 24 juillet 1635.
Lettre 155. — -archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(LXVII.)
1. Louis XIII, sur le point de déclarer la guerre à TEspagne, s'occupait de ravitailler les places de la fronlière du Nord, où Péronne, sur la Somme, était un point de passage important. Il ne comptait pas beaucoup sur le gouverneur de Péronne, M. de Blérancourt, et voulait mettre la place en des mains plus sûres.
Lettre 156. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(LXVIII.) I. Senlis, ville fort ancienne de l'Ile de France, sur la grande route de Paris en Flandre, chef-lieu d'arrondissement du département de l'Oise.
votre mémoire, à la marge de chaque article. Ce porteur vous dira une petite
défaite de 190 hommes-. qu'Epcrnon ' a forcés dans un fort, vis-à-vis de Philipps-
bourg.
Je me porte bien grâce à Dieu, lequel je prierai de tout mon cœur de vouloir
vous donner la santé telle que la souhaite la personne du monde qui vous aime le
plus.
Louis.
De peur de battre les corneilles en cette corneillière, et les voulant garder pour la Reine', quand elle sera à Chantilly, j'ai pris résolution de m'en aller, lundi, à Nanteuil% si le temps me le permet, et que mes affaires ne m'en empêchent pas; vous aurez de mes nouvelles entre ci et là.
Scnlis, 5 mars 1635.
Mon cousin, je vous envoie Goulard avec l'homme de Bru.xelles qui a donné les avis que vous avez vus ' ; il dit qu'il sait beaucoup de choses, qui importent à mon service ; il voudrait bien parler à vous, mais je n'en suis pas d'avis, ne le connaissant point, et venant du pays d'oij il vient. J'ai dit à Goulard que si il parlait à vous, on le pourrait voir et que cela lui ferait tort dans le pays, et qu'il valait mieux qu'il parlât au père Joseph -, à qui j'avais entière confiance. Je vous recommande d'avoir soin de votre personne sur toutes choses, et que des gens inconnus n'approchent point de vous.
Assurez-vous de mon affection, qui sera toujours telle pour vous que vous la pouvez désirer, priant le bon Dieu de tout mon cœur qu'il vous tienne en sa sainte garde.
Louis.
J'irai jeudi à Chantilly, où je ferai venir la Reine.