QUELQUES APPRÉCIATIONS
Le Temps : M. Henry Roijon, <le l'Académie française.
Rien ne vaut, pour faire aimer Ja France, l'histoire d'une de ses provinces, contemplée d'un haut point de vue. Les monographies locales se multiplient et nous en avons d'excellentes en ces dernières années. Il s'en est publié peu d'aussi complètes que le volume, tout récent, de M. Albert Croquez : La Flandre Wallonne sous Louis XIV. Nos patriotes flamands, qui sont parmi les plus fervents el les plus fidèles, rappellent avec fierté que leurs aïeux se firent Français des le lendemain de la conquête el comme par miracle. S'il ne faut pas nier les miracles historiques, il n'est pas interdit d'y chercher la pari de l'élément humain. M. Albert Croquez nous fait voir, dans la conversion si merveilleusement prompte des âmes flamandes, un chef-d'œuvre du génie administratif de nos pères. . . Le mérite des agents de Louis XIV a été de rendre l'autorité nouvelle sympathique à ces pays de libelle-. Voilà qui aurail passé pour un paradoxe, au temps on les choses et les gens de la monarchie étaient présentés quand même en noirceur : mais les faits sont là, irréfutables et toul à l'honneur de l'Ancien Régime. . .
Le Journal des Débats : M. André Hallays.
Voici un livre excellent, qui tiendra sa place dans la grande enquête que les historiens onl entreprise, province par province, sur la forma-
tion territoriale el morale de la France... Comment, en moins de cinquante ans, la sage administration des intendants de Louis XIV a effacé jusqu'aux dernières traces de la domination espagnole el comment la Flandre est devenue la meilleurs sujette du Roi Très-Chrétien, c'esl le sujet du livre de M. Albert Croquez. Le secrel d'une conquête morale si rapide et si durable. M. Croquez l'a trouvé en compulsant la correspondance des intendants avec les ministres. Deux hommes, MM. Le Peletier et Dugué de Bagnols, menèrent cette œuvre a bien. Ils montrèrent l'un et l'autre de la douceur, de la patience, une merveilleuse intelligence des moeurs et de l'espril du pays flamand : ce furent de parfaits administrateurs. M. Croquez a dessiné de ces deux intendants des portraits vivants et exacts. . . Puis il a examiné de très ]uvs et avec grande impartialité leurs actes : il a mis sous nos yeux les documents essentiels et il est impossible de ne pas souscrire à ses eon-
cIllHoiis.
Le Journal des Débats : M. Alberl Petit, professeur d'histoire au Lycée Louis-le-Grand.
...Comment se fait-il que la monarchie française ait si vite dissipé les préjugés après tout fort naturels, disons même les appréhensions légitimes, qu'elle pouvait choquer ou susciter à première vue ? M. Albert Croquez nous le montre avec une grande richesse et une grande sûreté de documentation. 11 démonte et analyse tout le mécanisme de l'organisation municipale, provinciale et corporative de la Flandre wallonne. Nous voyons avec quelle diplomatie toutes les susceptibilités furent respectées... M. Albert Croquez a eu la bonne fortune, qui n'arrive qu'aux bons chercheurs, d'avoir à sa disposition, non seulement les sources classiques des Archives nationales et départementales, mais m — i un fonds inexploré : les papiers de l'intendant Le Peletier, dont M. Croquez publie en annexes la meilleure partie...
La Dépêche : M. Henry Cochin.
...Pour expliquer ces phénomènes si curieux et si peu connus de vie économique, cette recherche apporte de grandes lumières. M. Albert Croquez nous donne une explication complète, la plus claire que je connaisse, de tout le mécanisme complexe de l'organisation communale, provinciale, corporative, judiciaire, ecclésiastique. Apres avoir démontré le fonctionnement de ces divers rouages, l'auteur en vient à nous parler des hommes qui les taisaient mouvoir. C'est ici qu'apparaît, après l'utilité, le charme el la beauté «le ces documents. Il a d'ailleurs commenté ses précieuses correspondances avec un sentiment très juste et un amour profond de son sujet, en un style aimable et alerte : c'est ce ipii rend son récit d'une lecture agréable, que la gravité de la mal ière, au premier abord, ne semblait pas comporter. . .
L'Écho du Nord : M. Julien Mattk.
. . .Vivant el clair, ce livre offre le plus habile mélange de documentation exacte el d'aperçus pittoresques. C'est, sur la naissance de la Flandre wallonne à la vie française, un précieux travail historique, neuf en bien «les parties el neuf encore par l'ingéniosité du plan. La « nationalisation » d'une province conquise, sa transformation patiente, les longs efforts d'adaptation d'uni' autorité nouvelle à des justiciables profondément attachés à leurs traditions et à leurs privilèges, voila pins qu'il n'esn faul pour constituer une action aux péripéties multiples el attachantes. . . A travers les archives privées qu'à compulsées M. Albert Croquez, Louis XIV apparaît comme un administrateur singulièrement actif et minutieux On ne peut contester que la France lui doive une pari de sa grandeur passée.
L'Autorité : M. Guy de Cassausàc.
. . .C'est, en quelque sorte, le premier tome d'un ou\ rage considérable, qui ne sera rien autre chose que l'histoire de Flandre, depuis son annexion à la Couronne de France. De fortes études juridiques el des travaux antérieurs ont préparé notre ami à la tâche qu'il a entreprise... Pour son nouveau livre. Alberl Croquez a trouve, dans des archives privées. des documents d'un rare intérêt : c'esl toute la correspondance inédite bien entendu, des ministres de Louis XIV : le solennel Le Tellier, l'impérieux Louvois. le méticuleux Colbert ave. Miche] Le Peletier, qui fut intendant en Flandres durant quinze années, puis occupa à la Four les plus hautes fom lions. Ainsi les amateurs de pittoresque ne seront pas déçus ; l'auteur a pris notamment un malin plaisir à citer et à reproduire des lettres confidentielles, que Le Peletier lui-même suppliait le ministre de brûler et où il l'informait de mille détails intimes sur les plus importants personnages. Le ministre brûlait bien les lettres, connue le lui reconmmandait son correspondant ; mais celui-ci, heureusement pour nous, en gardait copie dans ses archives personnelles ; et ce sont ces copies qu'Albert Croquez a retrouvées. On n'esl jamais si bien desservi que par soi-même !
La Nouvelle Revue Historique de Droit : M. II. Pissard, professeur agrégé «les Facultés de Droit. . . .Ces sortes de tableaux d'ensemble des institutions d'une province sont d'ordinaire fastidieux et superficiels : car ils se bornenl souvent à répéter avec quelques variantes des développements découpés dans des traités [dus généraux. M. Croquez a su éviter cel ennui : car il était soutenu par une idée directrice d'un haut intérêt : montrer commenl l'administration royale avait eu le mérite de s'assimiler rapidement une province récemment conquise : comment elle avait eu assez, de souplesse pour maintenir des institutions provinciales presqu'intactes dans les cadres de l'organisation française. L'auteur a forl bien vu le problème el il en s nettement posé les termes..
Le Bulletin du Comité flamand de France : M. P. Viard, professeur à la Faculté libre de Droil de Lille.
. . .La documentation esl des plus neuves. L'auteur a retrouvé, dans un château de Belgique, la correspondance échangée entre Michel Le Peletier e\ les ministres du Roi. Je n'ai pas besoin d'insister pour montrer l'importance, vraiment remarquable, de cette découverte documentaire : ce sont bien les documents inédits que le titre de l'ouvrage nous promettait. Ces papiers Le Peletier ainsi les nomme par abréviation M. Croquez, — ne le renseignent, il esl vrai, que sur l'histoire de l'une des deux grandes intendances. Mais notre auteur connaîl aussi bien les archives publiques que les chartiers privés. A Paris, à Lille, ailleurs encore, il a rassemblé une quantité suffisante de documents, pour reconstituer l'administration de Dugué de Bagnols.
Feuilles d'histoire : M. Picayet, professeur abrégé d'histoire au Lycée de Lille.
...Ce que nous connaissons moins, malgré tanl d'analyses partielles, c'est l'état d'un pays annexé sous Punis XIV, e\ c'esl aussi le détail de son organisation, où les innovations se combinent avec le passé traditionnel. De semblables recherches nous font mieux connaître que des travaux de synthèse parfois trop rapides ce qu'était la Province sous l'Ancien Régime.
Le Nord Illustré : M. L. Legras, agrég-é de l'Université, docteur es Lettres.
...Ce volume vaudra à son auteur les remerciements des historiens. qui étudient le rôle des intendants au wn" siècle, des Flamands qui s'intéressent au passé de leur province, des Français soucieux de connaître la formation de la France. M. Croquez porte la clarté dans les matières les plus difficiles et les plus embrouillées : il sait extraire du document technique le détail pittoresque et de l'analyse minutieuse de l'idée générale.
Le Beffroi : M. Henri Mai...
. . .M. Albert Croquez vient, avec beaucoup de bonheur et de sûreté, de dégager l'œuvre humaine et l'action civilisatrice du gouvernement royal dans les Flandres. Eu traçant ainsi l'histoire politique et administrative d'une province française, il aura fourni une contribution importante et neuve à l'histoire de notre droit public, mais très vivante aussi, parce que des textes en apparence rébarbatifs, M. Croquez a su dégager l'humanité qu'ils dissimulent...
La Bibliothèque Université d'Ottawa Echéance
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