lbuL, t. CCLXXXII, p
pension de 4 000 écus du roi d'Espagne; qu'elle serait payée par le vice-roi de Naples; qu'elle serait secrète, jusqu'au premier conclave, afin que ce cardinal ne fût pas privé de ses espérances au pontificat, qu'il abandonnerait ensuite, étant âgé de près de soixante-dix ans ; que cependant son vœu serait secrètement assuré à la faction d'Espagne dans le conclave et dans les congrégations pour les affaires importantes, le laissant en liberté sur les autres; qu'il arborerait les armes d'Espagne sur sa porte, s'il manquait le pontificat à la première occasion ; et que cependant il pourrait amuser les Français par de faux ou de véritables avis dans les conjonctures présentes, et par toutes les flatteries qui seraient propres à les tromper. » Servient insista encore, en marge de son mémoire, sur l'exatitude de ce renseignement1.
En 1684, le cardinal d'Estrées confirma en partie ces détails, disant qu'il s'était brouillé avec le marquis del Carpio, mais que, tout en faisant, pendant cette rupture, des avances au parti français, il était au fond pour l'Espagne, et qu'il avait même promis de s'y attacher publiquement, lorsqu'il aurait tenté la fortune du premier conclave. « Je ne me sens pas, dit-il, beaucoup de gaùt pour cet homme. » Il est d'une « science et capacité bornées. » Il a pu à peine obtenir deux audiences du pape, audiences d'un quart d'heure, depuis qu'il est cardinal. « L'opinion publique ne lui est pas favorable2. » — Le 1er mai 1685, Servient écrivit à M. de Croissy : « Le cardinal Capissuchi, autrefois dominicain, est tourné en ridicule. On le raille surtout sur la boisson : car on prétend qu'il boit tous les matins avec excès et se réduit à un sommeil involontaire3. Au conclave de 1689, il fut question, de la part de quelques cardinaux, de l'élever au
1. Correspondance de Rome, t. CCLXXXVI, ler suppl. de 1683, p. 167-171.
2. Mémoire sur les sujets papables, le 14 juillet 1684 (ibiiL, t. CCXC, p. 70).