Dépêche du 1 février 1683 (ibid., t. CCLXXXV1, p
5. Dépêché du 28 janvier 1683 (ibid., t. CCLXXXVII, p. 88-97).
Favoriti. — Ce prélat, conseiller intime d'Innocent XI, mérite une étude à part, comme il a un rôle et une physionomie à part. Qu'il suffise de citer ici ce fragment de la dépêche de Servient à M. de Croissy, en date du 2 juillet 1682 : « Le même (cardinal) de Luca et toute la cabale du palais contre Favoriti a découvert depuis quelque temps, qu'il avait épousé une paysanne à Sarzane, lieu de sa naissance ; qu'il avait habité plus d'un an avec elle; mais que, n'ayant point eu d'enfants, et le mariage n'étant fondé que sur une promesse de main privée, il l'avait fait dissoudre, s'obligeant à donner quatre pistoles par mois à cette femme, sa vie durant, et à se faire prêtre, comme il l'a effectué. Ils savent encore que son père était notaire, son grand-père paysan sans office, et que le frère de ce grand-père avait été pendu à Gènes, comme voleur public, surtout des couriers (sic). On l'accuse encore d'avoir entretenu plusieurs années, depuis qu'il est revêtu du sacerdoce, la femme d'un bas officier du palais, que l'on nomme; d'avoir été publiquement souffleté par le fameux peintre Salvator Rosa, dans une querelle en plein jour, sur la Trinité du Mont, et de plusieurs autres défauts que la modestie ne permet pas de rapporter. Un Italien, dont on ignore le nom, a révélé toutes ces aventures par une longue lettre au sénateur Herba. qui l'a renvoyée à don Livio, par la voie duquel j'en ai eu la lecture. Le malheur du pape de se fier à un tel homme est fort amplement déploré. Le cardinal de Luca, qui a lu la même lecture, et d'autres personnes encore, s'occupent à trouver les pièces originales et les preuves indubitables de plusieurs de ces faits ; après quoi l'on a résolu une violente attaque près du pape contre Favoriti1. »
Cardinal Franzoni. - - Créature d'Alexandre VII. Il avait près de soixante-treize ans en 1684, et souffrait d' « une fréquence d'urine qui donnait quelque soupçon
!.. Correspondance ; 'de Rome, t. CCLXXXI, p. 60-61.
de pierre. » Il s'est conduit honnêtement dans les affaires de France. Les intérêts de Gênes lui tenaient fort au cœur, étant ardent de caractère et républicain zélé1.
Cardinal Gabrielli. — D'après le cardinal d'Estrées, « on disait que l'âge n'avait fait qu'augmenter l' avarice sordide de ce cardinal. » Il avait une « inimitié implacable contre le cardinal Altieri; » mais il s'était bien conduit avec la France dans le conclave de 1670 2. En 1672, il avait soixante-dix-huit ans. Il était Romain, « d'un talent médiocre, sans savoir, sans expérience des affaires du monde, n'ayant jamais eu d'autre charge que celle de clerc de chambre, par laquelle il fut élevé au cardinalat. » Il vivait bien avec les Espagnols. « Son avarice sordide l'a mis en méchante réputation ; enfin, ce qui le distingue le plus, c'est sa barbe et sa présence3. » Il mourut en août 1677; ce fut le huitième chapeau alors vacant4.
Cardinal Gallio. — Il était Milanais et d'inclination espagnole. Il avait soixante-quatre ans en 1681, lors de sa promotion au cardinalat. Il fut évêque de Rimini, nonce à Cologne et à Naples. Il était « d'une humeur âpre et assez rude, fort médiocre savant, mais habile et entendu pour les affaires. » Il détestait le cardinal Altieri, qui l'avait tiré de sa nonciature de Naples. Ce qui lui valut le bonnet de cardinal, ce fut l'engagement de son neveu avec la nièce du pape". Le cardinal d'Estrées insista sur ce dernier point dans sa dépêche à Louis XIV, les 10 et 15 septembre 1681. Il expliqua à Sa Majesté comment
1. Mémoire du cardinal d'Estrées, du il juillet 1684- {Correspondance de Rome, t. CCXC, p. 59)*
2. Mémoire du même, du 15 juillet 1676 (ibld., t. CCXLV, p. 93- 118).