Ibid.,l CCLX, p
i. Ibid., t. CCLXXIV, p. 90-107.
o. Mémoire du cardinal d'Estrées sur les sujets papables, le U juillet 1684 (ibid., t. CCXC, p. 08).
6. Mémoire du cardinal d'Estrées sur la promotion de 1G81 (ibid., t. CCLXX1V, p. 306-32
promotion l'accoupla avec Mellini sous cette rubrique : * Due Putanieri. » C'était malheureusement mérité; déjà nous avons vu, à propos du cardinal Chigi, combien il fut compromis dans l'affaire Lanti. On se demande comment Innocent XI, avec sa réputation de réformateur, pouvait introduire dans le sacré collège des personnages aussi véreux. La facilité des mœurs était telle à Rome, qu'on préférait Ginnetti à Innocent XI; en effet, dans sa dépêche du 14 mars 1684, le cardinal d'Estrées manda au roi qu'on inclinait au pontificat de Ginnetti, qui n'était qu'un talent médiocre et qui avait peu de littérature, mais qui était du moins d'une humeur facile et libérale; la dureté d'Innocent XI repoussait et faisait désirer un pontificat « commode et bienfaisant1. »
D'Estrées, dans son mémoire du 14 juillet 1684, donna les indications suivantes : « Ginetti (sic) a soixante ans. Quelques-uns de ses amis, croyant le servir, disent qu'il en a plus de soixante-trois. Il paraît grossi et appesanti : depuis trois ans, et a une espèce d'enrouement dans la voix qui marque que cette graisse l'incommode. Sa famille est originaire de Velletri, d'une médiocre noblesse. On prétend même que son grand père ou son bisaïeul avait commencé de faire la figure de gentilhomme. » Il a eu un oncle cardinal, qui a su s'insinuer auprès d'Urbain VIII, et fut envoyé par lui légat à Cologne en 1637 ou 1638. Le grand âge et les longues économies de cet oncle « avaient épargné dans sa famille plus de 600000 écus. Il y a laissé des fiefs et un titre de marquis; et ces biens ont servi de fondement à la fortune du cardinal qui vit à présent. » Cet oncle a toujours été favorable à la France, qui aurait volontiers favorisé son exaltation; mais il était jalousé par le cardinal Barberin. L'oncle fit le neveu prélat et clerc de chambre . « Par le secours de quelques présents et par l'affection que le cardinal Altieri avait pour son oncle et