Ihxd., t. CGGXXII, p. 233-26G
duquel il a pu servir avec quelque utilité, s'est attaché au commissaire de la Chambre nommé Santipilastri (s/c), comme un des plus accrédités près du pape. » Giori se vantaitalors, auprès du cardinal de Sainte-Cécile, gouverneur de Rome, de pouvoir, par l'intermédiaire de ce commissaire, faire dire au pape ce qui se passait chez les Français et aux d'Estrées ce qui paraissait leur rendre service. Il jouait ainsi double jeu1. — Servient nota aussi, dans sa dépêche du 26 octobre de la même année, que « le prélat Giori avait traité secrètement pour la somme de mille écus de la vente d'une pension ecclésiastique avec le cardinal Asolin2; » et le 10 mars 1685, il l'accusa de se faire donner des présents simoniaques de ceux qui désiraient obtenir des places. C'était une sorte d'entremetteur, de factotum et de vendeur du temple3. — Le cardinal d'Estrées ne fut pas aussi clairvoyant que Servient, et il se laissa gagner par l'habileté de Giori. qui le dupa cependant en maintes occasions. Il prit sa défense en ces termes dans sa dépêche à Louis XIV, le 25 avril 1684 : « On persécute M. Giorri (sic) auprès du pape sur rattachement déclaré qu'il a au service de Votre Majesté... Il est certain qu'il est le seul de la prélature qui, sans aucune réserve et sans l'obligation d'aucun attachement, s'est déclaré ouvertement sur ces sortes de matières et en toutes sortes d'occasions, pour les intérêts de la France; et je m'en suis servi comme d'un instrument très important dans des circonstances difficiles, avec le feu cardinal deLuca et le cardinal Ludovisio, qu'on s'efforce d'éloigner aussi de l'intime confiance de ce prélat4. »
Del Giudice. — Le duc d'Estrées raconta à Louis XIV, dans sa dépêche du 7 octobre 1682, que le pape ne pouvait pas souffrir le duc de Giovenazze « et encore moins