Dépêche de Servient, le 29 juin 1683 {ibid., t. CCLXXXV
ou dont il avait besoin, et se transformait aisément dans ce qui leur pouvait plaire. » Aussi tlattait-il te pape pour devenir cardinal, et s'efforçait-il de l'exciter au lieu de le modérer. Il savait le Droit, mais rien de plus. Il pratiquait la gratitude. Il avait un frère ecclésiastique, qui volait1.
Cardinal Pio. — Il joua un rôle assez considérable en faveur de l'empereur Léopold Ier; c'était un personnage politique d'une certaine importance. « Avant-hier, écrivit Lavardin le 15 février 1689, le cardinal Pio mourut subitement, ou pour parler juste creva en un moment. » Il prenait un bouillon qu'il ne put achever, et cria : « Mon Dieu, ayez pitié de moi, je regrette les affaires d'Allemagne; » et il mourut. Il haïssait la France jusqu'à l'emportement et la folie. Il fut « un des boule-feux de la chrétienté, » et sa mort est « une punition divine bien marquée2. » — Ce cardinal avait un frère ecclésiastique, que l'on recommanda fort à Innocent XI, en 1680, pour l'audiioriat de rote de Ferrare; mais le pape ne l'agréa pas, parce que cet ecclésiastique, dit l'abbé Servient, « voyait des femmes publiques, fréquentait le cabaret et jouait gros jeu. » On nomma à sa place le prélat Mosti, nonce à Turin et très proche parent de ce même cardinal ; c c'était la même chose pour les Espagnols, qui auront cinq voix à la rote par cette élection3. » — Le neveu du cardinal était en 1682 nonce à Turin, et sa grande occupation était d'envoyer à Piome de fausses nouvelles désagréables à la France4.
Cardinal Portocarrero. — Le 23 mars 1677, le duc d'Eslrées écrivit à Louis XIV : « Le marquis del Carpio croit que le cardinal Portocarrero quittera bientôt cette
1 . Mémoire sur les sujets papables (Correspondance de Rome, t. CCXC, p. 515 et suiv.).