PIÈCE
ARCHIVES DE LA MARINE Volume B, 7, 54
(Août, 1671).
Rapport extrait de la correspondance de Colhert
Monsieur de Nointel s'en allant ambassadeur de France vers le Grand Seigneur a reçu ordre du Roi par ses instructions de travailler au renouvellement des capitulations^ et en ce faisant de demander l'exclusion de toutes les nations qui ont obtenu depuis leur date la permission de trafiquer dans les Etats du Grand Seigneur^ avec pouvoir de s'en relâcher, mais de se tenir ferme pour obtenir la réduction de cinq pour cent des droits de douane à trois, dont toutes les autres nations jouissent.
A son arrivée il a été maltraité, ses plaintes sur l'affaire de Saint- Jacques (1) n'ont eu aucun effet. Il a été condamné et exécuté contre les capitulations en sa présence, ses audiences se sont passées avec mépris sans avoir égard à la dignité du Roi.
Le Grand Vizir lui a bien offert le renouvellement des capitulations sans y rien changer, ce qu'il n'a voulu accepter. Il attribue l'arrogance et la fierté du Grand Vizir aux secours de Hongrie et de Candie, et au succès favorable qu'il a eu en ce dernier siège.
Il est d'avis que le Roi envoie une escadre de vaisseaux avec ordre de revenir s'il ne renouvelle les capitulations, et qu'en témoignant de la fermeté en le rappelant, il est persuadé que le Grand Vizir renouvellera les capitulations.
Monsieur d'Oppède (2) est de même avis.
Le sieur Arnoul (3), idem.
La Compagnie du Levant, idem.
(1) Français qui avait été molesté en Turquie.
(2) Premier président au Parlement d'Aix, chargé de convoquer et présider la Chambre du commerce de Marseille.
(3) Intendant des galères.
Le commerce de Marseille a été d'abord de même avis et ensuite il a balancé et les marchands n'ont point voulu signer leur délibération.